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dimanche 13 avril 2014

"Billy Elliot" de Stephen Daldry

Casting: Jamie Bell, Gary Lewis, Jamie Draven, Julie Walters, Jean Heywood, Stuart Wells

Dans un petit village minier du Nord-Est de l’Angleterre, Billy, onze ans, découvre avec stupeur qu’un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D’abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève. Billy abandonne les gants de cuir pour assister discrètement aux leçons de danse professées par Mme Wilkinson. Repérant immédiatement un talent potentiel, elle retrouve une nouvelle énergie devant les espoirs que constitue Billy. Les frustrations larvées explosent au grand jour quand son père et son frère découvrent que Billy a dépensé l’argent consacré au cours de boxe pour des cours de danse. Partagé entre une famille en situation de crise et un professeur de ballet têtu, le jeune garçon embarque alors dans un voyage à la découverte de lui-même.


Billy Elliot a son chemin tout tracé: comme son père Jacky et son frère ainé Tony, il travaillera à la mine. Billy va feinter pour ne rien laisser paraître: il part à la danse avec les chaussons cachés dans sa veste et les gants pendant autours du cou. Quand Jacky découvre que Billy sèche les cours de boxe et est élève dans un cours de danse classique, c’est parti pour une conversation musclé et Billy se retrouve confiné: ce n’est pas mâle de faire de la danse classique, Billy doit honnorer les gants des ancêtres. Mme Wilkinson ne va pas lâcher l’affaire Billy et la danse classique pour autant, et cela va payer: Billy va intégrer une des plus grandes écoles anglaises, le film se cloture par Billy en rôle titre du Lac des Cygnes devant les larmes d’émotions de papa Jacky.



« Billy Elliot » n’est pas seulement un film sur un accomplissement dans un domaine sujet aux clichés (les gays, la dominance féminine…). C’est aussi le fond social: grève des mineurs, se serrer la ceinture, suivre la route traditionnelle tracée par les ainés de la famille… La lutte se passe non seulement dans la société, mais aussi au sein de la fratrie: s’affirmer, choisir sa route, prouver la légitimité de son choix. La danse est le sujet phare des disputes familiale, quand ce n’est pas les débats sur la grève des mineurs entre Tony et Jacky.


Jusque là nous avons deux axes: la danse et les confrontations sociales. Le troisième axe de ce film est la confrontation avec le sexe opposé: la fille de la prof de danse Mme Wilkinson va faire une avance poussée à Billy, Billy suspecte Mme Wilkinson de le draguer, seul garçon dans le groupe de danse il est souvent le centre d’attention des regards. Billy fait également face à son meilleur ami gay: le soir du réveillon de Noël, Jacky surprend son fils à la salle de sport avec cet ami gay en tutu de danse. Quand Billy fait sa démonstration de danse, Jacky se rend à l’évidence: son fils a un don certain pour la danse classique, il ne faut pas le braquer. Jacky file alors chez Mme Wilkinson pour lui parler de ce concours d’entrée dans la grande école de danse.


Le scénario équilibre parfaitement la sphère familiale avec ses moments de répis et ses tensions, les mineurs, la danse, le père qui fini par encourager Billy dans sa voie. La musique est en totale adéquation avec les différents passages du film: jetter des oeufs sur le car des mineurs non grévistes, le cours de sport à l’école, la dispute entre Jacky et Billy ou encore lorsque Jacky court annoncer l’acceptation de Billy à l’école de ballet.


Stephen Daldry s’est entouré de la bonne équipe. Tous les aspects de la famille à l’époque sont couverts. La musique est très bien choisie. Les décors et costumes sont tout à fait adaptés au contexte. Les personnages sont évolutivement très crédibles. La longueur du film est comme il faut: ni trop longue ni trop courte, nous avons le temps d’apprécier l’histoire sans se lasser, nous ne tombons pas dans le trop en faveur des mineurs ni trop en faveur de la danse ni trop du côté de la famille. Certes le fil conducteur est fiston danseur, mais le scénario n’oublie pas les électrons gravitant autours de Billy: chaque élément a autant d’importance que le reste. Le casting est très bien choisi.


« Billy Elliot » est la comédie musicale dramatique à voir absolument: il est parfaitement encré dans la réalité, historique de surcroît (les années Thatcher, l’Angleterre à l’époque des mineurs de fond…). Le spectateur n’est pas écroulé pas la musique. L’équilibre entre les différents axes de vie est au poil.


Vous pouvez retrouver Jamie Bell, interprétant Billy Elliot, dans le péplum « L’aigle de la neuvième légion » de Kevin MacDonald. La comédie musicale Billy Elliot a été visible à Londres. Quant à Julie Walters, interprétant la professeure de danse Mme Wilkinson, vous pouvez la retrouver dans la saga Harry Potter: elle campe Mme Weasley.

Ma note: 5/5 la lutte des classes sur fond d'émancipation

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