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Edito Novembre 2018

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dimanche 13 avril 2014

"Gravity" d'Alfonson Cuaron

Casting: Sandra Bullock, Georges Clooney, Ed Harris

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…


Une jeune première avec un gars qui a de la bouteille: voilà le binôme qui va se retrouver seuls survivants suite à un accident. Un satellite a été détruit, les pièces se dirigent droit sur la station spatiale de notre binôme Ryan (la nana, si si) / Matt et vont causer de graves dégâts matériels et humains. Les collègues sont tout simplement éliminés (et pas forcément de façon la plus douce possible: se prendre une pièce métalique au milieu du visage, forcément, ça laisse une marque). Ryan (le paternel voulait un garçon et visiblement n’a pas voulu changer vu qu’il s’agissait en fait d’une fille) enchaîne crises de paniques tandis que Matt arrive à gérer (lui même et Ryan). Ils vont dériver vers la station la plus proche, malheureusement l’arimage à la station va mal se passer: Matt va se désolidariser de Ryan pour lui donner une chance de s’en sortir. Et d’ailleurs Ryan, après une hallucination (Matt entre dans la capsule et Ryan s’en sort: premier indice hallucinogène; ensuite Matt va s’évanouir comme par enchantement: second indice de l’hallucination). Il faut bien une happy end.


Voilà en bref les grandes lignes de Gravity. Mais pas que. Ryan porte le deuil de sa fille, morte accidentellement dans la court de récréation. Elle va vouloir lâcher l’affaire, tout près de retourner sur la terre (merci Matt d’être apparu à Ryan dans ce moment de faiblesse et souffler la réponse quant à une solution de retour terrien). Ce voyage sera en quelque sorte l’électrochoc pour Ryan: vivre, aller de l’avant. D’une certaine manière, Matt est la conscience de Ryan.


Les effets sont franchement réalistes. Le spectateur se laisse volontier happer par cette survie dans un milieu plus qu’hostile à l’Homme: l’espace. Les satelites, les costumes, les communications: tout semble réaliste. Cependant parfois, j’ai remarqué des touches d’ércrans sans aucune indication dessus: vous avez déjà vu ça, vous, des touches sans rien d’écrit dessus? C’est là, lumineux, Ryan appuie dessus et visiblement il y a un résultat…


Au-delà de quelques soucis d’accessoires (le spectateur peut tout à fait se remettre de quelques boutons lumineux qui servent à faire joli sur un tableau de bord), le film démarre directement dans l’espace, nous avons une petite minute ou deux sur terre lors du retour de la capsule avec Ryan. Sans pour autant retracer la vie dingue de l’astronaute Matt, ni entrer en détails dans la formation de Ryan (qui, on l’apprend dans le film, est à la base infirmière en hôpital) mais passer un peu de temps rapidement sur le parcours de chacun. Pourquoi pas en flash back dans les moments où le personnage voit la mort arriver (un truc d’un banal pas possible mais au moins cela permettre de comprendre d’où vient le personnage: comment il a fait pour en arriver là).


Un casting minimaliste: deux acteurs, des voix off. Une musique saturée: souligne l’ambiance spatiale. Un scénario centré uniquement sur l’accident dans l’espace, la survie de l’individu dans un tel environnement et avec ses propres démons; mais laisse de côté l’origine des personnages centraux. Les dialogues restent de temps en temps technique (il ne faut pas oublier que nous faisons face à des astronautes en mission). La mayonnaise prend. La 3D rajoute un petit quelque chose quand même, surtout lorsqu’il y a collisions entre pièces en perdition et station spatiale ou les personnes.


Cependant il y a une grosse erreur dans « Gravity »: Matt prétend entraîner Ryan, les cables qui les relient au module est surtendu etc. Or dans l’espace cela est impossible: le contexte de l’espace ne permet pas de telles tensions. Dans une moindre mesure, les nuages de débris sont censés être visibles, donc les équipages ont du temps pour se préparer aux impacts. Mais  l’on peut supposer l’effet soudain, rapide du phénomène. Nous pouvons nous demander si Ryan n’a pas envie d’en finir dans l’espace: il a eu une longue carrière derrière lui, cela serait une fin logique que de finir sa vie dans l’espace. Quant à Ryan, au vu des plans finaux (après l’amerrissage de la capsule) si elle est bien encore en vie: elle a déconnecté l’oxygène de la capsule pendant un bon laps de temps, elle aurait pu avoir un sursaut de dernière minute pour faire revenir son corps sur terre. A moins qu’elle ait eu une renaissance.


Bref, malgré des points noirs, « Gravity » reste un film à portée humaine, avec des images à couper le souffle. Sandra Bullock fait parfaitement ressortir les états psychiques du personnages: anoner les leçons du simulateur, la panique, le ressentit de diminution d’oxygène… Georges Clooney fait plus acte de petite conscience: canaliser Ryan (Sandra Bullock ndlr) mais joue bien le canaliseur avec une désinvolture qui rappelle le what else que l’on ne présente plus. Il ne donne pas l’impression de faire un jeu, contrairement à Sandra Bullock, mais l’air de rien il permet de temporiser sa partenaire: complémentarité, ce qui rappelle les essentiels de la dualité.


ma note: 4.5/5 la prestation de Sandra Bullock, les paysages et la portée humaine font très bien passer la grosse bourde de la pression des cordages

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