Sorties

Edito Juin 2019

Le festival de Cannes est passé, a-t-il défié vos pronostics ? Avez-vous repéré des robes de créateurs (autant en profiter pour faire son shopping sans rien dépenser) ? D’autant plus que les beaux jours sont enfin là : il est temps de sortir les robes ! Ce n’est pas parce qu’il fait beau qu’il faut oublier de lire et de voir films et séries !

lundi 29 septembre 2014

"Dos au mur" d'Asger Leth

Casting: Jamie Bell, Sam Worthington, Elizabeth Banks, Anthony Mackie, Genesis Rodriguez, Ed Harris, Edward Burns

Ancien flic condamné à la prison pour un vol dont il se dit innocent, Nick Cassidy a réussi à s’évader. Dans un célèbre hôtel de New York, il monte jusqu’à l’un des derniers étages et enjambe la fenêtre. Le voilà dehors, sur la corniche, au bord du vide… Lydia Mercer, négociatrice de la police, est chargée d’essayer de le convaincre de ne pas sauter. Plus la jeune femme tente de dénouer cette situation périlleuse, plus elle prend conscience que Cassidy pourrait bien avoir un autre objectif… Son geste a peut-être un rapport avec le mystérieux projet sur lequel travaille son frère. Pendant que l’ex-flic est au bord du vide et attire l’attention de toute la ville, beaucoup de choses se trament et trop de gens semblent s’intéresser à son cas. Les pièces du puzzle vont se révéler peu à peu, au risque de faire tomber beaucoup plus qu’un seul homme…


Nick (Sam Worthington) réusit à reproduite le schéma que Lydia (Elizabeth Banks) a connu: lors d'une de ses enquêtes, Lydia n'a pu empêcher un homme de sauter d'un pont. Nick compte sur la similitude pour mettre Lydia de son côté. Sauf que cette dernière Lydia va dénicher la faille dans le plan de Nick: il n'a pas l'air de vraiment vouloir sauter. Il se trame autre chose. C'est lorsqu'elle se mettra sur la corniche qu'elle va vraiment avoir le plan de Nick: deux accolytes sont en train de braquer un coffre pour tenter de prouver l'innocence de Nick.


Vu comme ça, c'est simple. Très simple. Les décors restent toujours les mêmes: la corniche, le building où a lieu le braquage, et quelques spots histoire de varier les plaisirs (la suite du milliardaire à cambrioler ou encore l'avenue de New York qui a été barrée au public mais avec du public).


Un petit moment de frayeur lorque les membres du commando tentent d'immobiliser Nick. Petite montée d'adrénaline lorsque le binome Joey (Jamie Bell) / Angie (Genesis Rodriguez) sont sur le point de se faire coincer en plein braquage de coffre.


Mais ç'aurait été trop facile si le diamant de la discorde avait dans le coffre convoité. Il était en fait mis dans un petit coffre, à quelques mètres du gros coffre. Comment tomber dans le panneau... Ou avoir mal préparé les alternatives... Le méchant a tout prévu pardis !


Bon aller il faut bien un passage avec du gros pistolet quand même.


Mais tout est bien qui fini bien: Nick va réussir à subtiliser, dans la poche du méchant, dans la rue face à une caméra de news, ledit diamant et pouvoir définitivement prouver qu'il était bel et bien innocent. Et parce que nous n'en avons pas assez d'une seule happy ending, Joey va demander Angie en mariage dans un bar bondé.


Ma note: 4/5 un film qui a du potentiel mais qui aurait pu être plus poussé. Une musique minimaliste qui aurait pu mieux souligner les différentes actions. Mis à part ça, le film se regarde: ça bouge.


A voir si: vous voulez voir ce que donne Jamie Bell en dehors d'un péplum (L'aigle de la neuvième légion) et en dehors des tutus (Billy Elliott).

A zapper si: vous en avez marre des films trop prévisibles


dimanche 28 septembre 2014

"Professeur d'abstinence" de Tom Perrotta

Exercer le métier de professeur d'éducation sexuelle dans la ville de Sonewood Heights relève du sacerdoce. La très traditioaliste Eglise du Tabernacle ne tolère aucune entorse à la morale. Ruth Ramsey, divorcée et mère de deux filles, se voit donc obligée de revoir ses méthodes pédagogiques quelques peu... originales. Heureusement, Ruth n'a pas dit son dernier mot !


Pour être honnête, rien que le titre m'a faite hurler de rire. "Professeur": enseignement, système scolaire, examen... "abstinence": bonnes moeurs, mariage, religion... Confrontation entre deux mondes: une Eglise qui prone l'abstinence, avec des arguments plus ou moins fiables, face à une prof qui tente de prévenir les incidents suites à des rapports intimes. Chaque partie a une vision des choses à défendre avec bec et ongles.
Vu comme ça, un cours d'éducation sexuelle peut paraître vieux jeu de nos jours... Mais avec ces corps dénudés dans la magasines, les vidéos et photos "privées" plus ou moins volées, le regard des autres (normes, éducation...): ce livre est d'actualité. Car il fait réfléchir.

Chaque personnage est à un tournant de sa vie, à différents niveaux, mais feront face à l'Eglise du Tabernacle: cette Eglise est à l'origine, entre autres, de troubles dans la communauté.
Ruth a deux ados, dont le père est adèpte de l'Eglise de Tabernacle: elle ne veut pas que ses filles tombent dans une structure réac'. C'est d'ailleurs une des conditions pour le père, lorsqu'il a les filles: ne pas leur plomber le cerveau avec la doctrine de l'Eglise.
A côté de ça, Tim est au fond du trou question drogue et alcool: il se retrouve dans l'Eglise du Tebernacle, pris sous l'aile du Père Dennis. Ce pasteur ira jusqu'à pousser Tim dans les bras d'une ouaille tout comme il faut (selon les convictions de l'Eglise).

En parallèle, au lycée de Stonewood Heights, un programme pilote mené par l'association Une Main Tendue Aux Ados, met en péril Ruth. Selon Ruth, les informations de l'association sont à côté de la plaque. Selon les valeurs de Ruth. Mais pas selon les valeurs de l'Eglise, en tout cas pas celles de l'Eglise du Tabernacle.


Ruth va remettre en question sa vision par rapport à la religion en général: après avoir vu sa fille ainée prier avec le coach après un match de foot, les deux filles réclammer d'aller à une cérémonie dominicale, les discussions avec le coach de foot, la rencontre avec Tim...
Quant à Tim, après avoir touché le fond, il se relève grâce à la religion mais finira par quitter l'Eglise du Tabernacle. Une soirée de poker avec des amis va vraiment le faire défaillir, pour finallement tout plaquer lors d'un meeting des Croisés De La Foi (ce qui ne sera pas du goût du Père Dennis).

Ma note: 5/5 chaque point de vue est développé avec équilibre: ainsi, le lecteur comprend les positions campées, les arguments avancés. Chaque personnage va évoluer dans un sens, après plusieures expériences ici et là: des personnes, des dialogues, des piques verbales,... Tom Perrotta fait évoluer les éléments de façon graduelle et avec logique: dans la vraie vie nous avons besoin d'expérimenter et de se confronter à des situations délicates avant de plus ou moins changer de position. Et cela prend du temps, temps que les personnages prennent.


A lire si: vous appréciez les réflexions poussées sans forcément qu'un avis tranché n'arrive (au lecteur de se faire son opinon)

A zapper si: vous en avez assez des livres autours des plaisirs de la chair

vendredi 26 septembre 2014

"La reine des damnés" de Michael Rymer

Casting: Stuart Townsend, Aaliyah, Marguerite Moreau, Vincent Perez, Paul McGann, Claudia Black

Interdit aux moins de 12 ans

En quête de popularité, le vampire Lestat s'initie à la musique rock et devient le chanteur d'un groupe underground. La raison de son succès : son allure et ses manières de vampire. Nuit après nuit, des groupies se pressent dans sa somptueuse demeure, lui fournissant en abondance le sang frais nécessaire à sa survie. Au cours de sa fulgurante ascension, Lestat fait la rencontre de Jesse Reeves, une étudiante anglaise, nièce de la vampire Maharet. Fragile, désorientée, la jeune fille s'offre à Lestat et demande à être initiée par lui. Mais pour la première fois, celui-ci se refuse à profiter d'une innocente. En rompant avec la traditionnelle discrétion des vampires, Lestat s'attire la haine de Marius, son ancien maître, et réveille la soif de pouvoir de la reine Akasha, qui décide d'en faire son compagnon.


Lestat révèle l'existance des vampires aux yeux du monde. Un besoin de reconnaissance à laquelle les pairs ne peuvent subvenir: avoir envie de plus. Brûler sa vie? Sortir d'une sphère pour en conquérir une autre? Ou bien la célébrité pour subvenir autrement à ses besoins (besoin de reconnaissance, subvenir plus facilement à ses besoins...)? Compenser une situtation qu'il n'a pas voulu (et donc frustrante)?
Sauf que la quête de lumière, via la célébrité, ammènera l'amour sur sa route. En passant par la case problèmes: Akasha, la mère de tous les vampires. Un parcours avec les "grands" de son monde et une femme, qui est aussi en quête d'elle même.


En parallèle, Jesse Reeves s'avère est apparentée à une vampire: une prédisposition? Ou simplement l'attirance "banale" du vampire? Est-ce pour cela qu'elle ira jusqu'à se sacrifier pour Lestat? Toujours est-il que ces deux mondes vont se rencontrer, ce qui posera un problème d'éthique pour Lestat. Ce dernier fait face à ses propres problèmes, il sent une faille chez Jesse sans pour autant l'utiliser, en abuser.


"La reine des damnés" c'est aussi les vampires originels: Akasha et son compagnon. Lestat aura le malheur de boire le sang d'Akasha: cette dernière se réveillera. Akasha poussera le vice: parce qu'elle verra en Jesse une opposante, elle demander à Lestat de la tuer.


C'est une relation intergénérationnelle. Akasha envers Lestat, mais aussi Lestat envers son créateur: Marius. Des positions de supériorité à différents niveaux. Les humains ont Adam et Eve, les vampires ont aussi leurs créateurs. Le seul bémol qui aurait pu être intéressant: comment Akasha a été créée.
Ce film est à voir en complément de "Entretien avec un vampire" (Brad Pitt, Tom Cruise...): Lestat était en manque de reconnaissance de la part de son rejeton. Ce que l'on retrouve un peu chez Akasha puisqu'elle fera de Lestat son compagnon.


"La reine des damnés" pose la question du vampire qui ne supporte pas la lumière du soleil (comme Marius et Lestat) versus le vampire adapté à son environnement (Akasha). Akasha ne scintille pas au solleil: ce qui change de "Twilight" et "Abraham Lincoln chasseur de vampries" dans lequel les vampires doivent appliquer un baume pour ne pas se trahir. Akasha est la mère originelle: ce que l'on ne retrouve pas dans les autres films (Abraham Lincoln chasseur de vampires, Twilight,...). Il y a une confrontation entre le nocturne et le biurne.


Ma note: 5/5 une musique rock mémorable, que le spectateur peut identifier au film et pour une ambiance vampires ou en tout cas très underground. Le casting est irréprochable. Un film très sensuel sans tomber dans les clichés traditionnels du vampire un peu gominé sur les bords.


A voir si: vous adorez les vampires, vous voulez voir un côté rock star, vous appréciez le côté torturé des personnes, vous comprenez que peu importe l'âge l'on peut chercher sa voie (ou sa voix)

A zapper si: vous avez une indigestion de vampires (Twilight, Dracula, La maison de la Nuit, Vampire Diaries... stop !)


"Parce que je t'aime" de Guillaume Musso

Layla, petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où l'on avait perdu sa trace. Elle est vivante mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations: où était Layla pendant cette période? Avec qui? Et surtout: pourquoi est-elle revenue?


Il s'agit pour moi d'une découverte de l'auteur Guillaume Musso. A priori, vu que la petite a disparu dans un  centre commercial je me suis dis qu'il s'agit de l'oeuvre d'un psychopathe: avec du monde autours, il (ou elle) aurait pu facilement atirer la gamine et hop la capturer. Oui mais non. Puisque des personnages qu'apparemment rien ne lient vont justement interagir et chacun semblent en savoir un morceau, de près ou de loin, à propos de Layla. Et si ce n'est pas Layla, le cas de la gamine va aider à aller de l'avant.

Chaque personnage a un crève-coeur qu'il cherche à combler à sa manière: assassiner quelqu'un, un passé à combler... Mais alors pourquoi ce titre "parce que je t'aime"? Par amour pour Layla disparue, Nicole s'est lancée à corps perdue dans la musique (elle enchaînes disques et représentations scéniques). Par amour pour Layla disparu, Mark va devenir SDF alcoolique. Par amour maternel, Evie va vouloir venger sa défunte mère. Par amour amical, Connor a tué deux caïd auxquels il a volé un certain montant d'argent pour payer les études de lui (Connor) et son ami.

Quant au retour de Layla, cinq ans jour pour jour après sa disparition et à l'endroit exact où elle a disparue, dans un état de mutisme apparent, reste le point central de l'histoire. Les personnages, qui par amour ont commis ou s'apprêtent à commettre un acte violent, gravitent autours de Layla. C'est au court d'un vol que le mystère va s'épaissir et se dénouer.


Ma note: 4.75/5 juste histoire de faire ma casse-pied: j'aurais apprécié un peu plus de développement autours de la période de la disparition de la gamine: l'enquête, comment le couple à sombré. Attendez-vous à un dénouement particulier, ce que je peux vous dire: la clé est dans l'avion. Et vous, "parce que je t'aime"...?

jeudi 25 septembre 2014

"Incognito" d'Eric Lavaine

Casting: Bénabar, Franck Dubosc, Jocelyn Quivrin, Anne Marivin, Isabelle Nanty, François Damien, Virginie Hocq

Sorti au cinéma le 29 Avril 2009

Lucas est devenu une superstar en s'étant approprié les chansons d'un ami qu'il croyait disparu. Soudainement, cet ami réapparait. Lucas, pour lui cacher sa fortune et sa célébrité, commet l'erreur de demander à Francis, un comédien raté, de prendre sa place.


A la base chauffeur de bus, Lucas (Bénabar) finit par connaître la célébrité, mais pas de façon forcément clean. Un ami commun à lui et Francis disparait de la circulation un soir, et Lucas décide d'utiliser les texte du pote disparu et va connaître une acenscion fulgurante. Mais tout va basculer lorsque le pote va refaire surface, des années plus tard. Pris de remorts, Lucas va faire comme si la super maison était celui du Francis l'artiste raté. Le tout sur fond de problèmes sentimentaux. 


Rien qu'avec ces éléments, le spectateur s'attend à des quiproquos pas possibles. Et oui c'est le cas. Lucas va faire comme s'il était toujours contrôleur dans les bus, Francis va faire comme si tout allait bien, Lucas va aller jusqu'à enlever tous les DVD de son dernier concert du rayon culture d'un magasin. Francis va même dépasser Maitre Lucas: prendre un bain avec un coussin en déclarant que c'est bien d'être riche (sauf que c'est Lucas qui reste quand même propriétaire de la maison).


Quant au développement de l'histoire, la longueur est bonne et les éléments vont graduellement dans le poids du secret. Une touche d'humour comme il faut, avec, ce que j'apprécie, l'humour gras de Dubosc en moins. Quelque part, "Incognito" montre un côté du showbiz (certainement édulcoré) quant au succès malgré soi au travers des textes mais un succès non volé puisque Lucas / Bénabar a un talent vocal et la mise en musique des textes est réussie.


Ma note: 4.75/5 Un casting qui est à sa place, des quiproquos qui ne tombent pas trop dans le cliché, un film qui ne tire pas dans la longueur: une comédie qui se regarde volontier.


A voir si: vous aussi parfois vous aimeriez inverser votre vie avec quelqu'un d'autre

A ne pas voir si: vous vous trouvez bien à votre place


"Public Ennemies" de Michael Mann

Casting: Christian Bale, Johnny Depp, Marion Cotillard, Channing Tatum, James Russo, Billy Crudup, Giovani Ribisi, Stephen Dorf

Sorti au cinéma le 8 Juillet 2009

Basé sur l'histoire vraie de John Dillinger, un braqueur de banque hors pair qui a sévi à de nombreuses reprises dans l'Amérique des années 30. Avancé comme "l'ennemi public numéro 1" par le patron du FBI, John Edgar Hoover, Dillinger sera traqué sans relache par Melvin Purvis, l'un des agents fédéraux des plus efficaces.


John Dillinger passera par la case prison, pour s'en échapper. Il braquera plusieures banques et passera entre les mailles de la police. Pour se faire abattre en pleine rue, à la sortie d'un cinéma. Une fin comme cela, pour un braqueur de cette envergure, paraît complètement futile: John Dillinger s'est fait avoir comme un bleu. Et pourtant c'est le dénouement.

Mais reprenons depuis le début. Il va rencontrer une femme lors d'une soirée. Le cadre fait tout à fait 1930's: les tenues, la musique, les coiffures... Dès le début, Depp / Dillinger va se montrer sûr de lui, directif: quand je dis vient, tu viens. Point. Billie Frechette (interpretée par Marion Cotillard) va se retrouver à le suivre dans les casses ou en retrait. Et aura droit à son lot: interrogatoire musclé, prison.


Les casses. Ils sont assez musclés: à gros renforts de flingues et d'explosions. Evitez de mettre le volume à fond. Au mieux les voisins sonnerons chez vous pour faire baisser le volume, au pire ils croiront qu'un drame se produit chez vous et feront rapliquer la police à gros renforts.


Pour une fois, il y a des dommages colatéraux parmi les personnages principaux. Dinllinger finira dans une sorte de motel ou auberge dans la forêt, touché au bras. Frechette aura un interrogatoire musclé dans une chambre d'hotel: elle devra se faire portée pour aller aux toilettes. Un certain réalisme.


Ma note: 4.5/5 inspiré de faits réels, ce film est très proche de la réalité: les braquages, les affrontements, les blessures... Un peu troo much pour les armes à feu. A prendre avec des pincettes puisque ce film est "inspiré" de faits réels: il y a forcément une prise de position sur le déroulement des évènements.


A voir si: vous appréciez Johnny Depp et/ou Marion Cotillard, vous appréciez les films inspirés de faits réels

A zapper si: les films où ça canarde à tout va ça vous gave, le casting ne vous fait pas rêver

mardi 23 septembre 2014

"Peur blanche" de Ken Follett

Vent de panique sur la Grande-Bretagne: un soir de Noël, un échantillon de Madoba-2 disparaît du laboratoire Oxenford Medical. Or, ce virus, variante d'Ebola, est, à l'air libre, une arme biologique effroyable, susceptible de contaminer une ville entière en quelques heures. Antonia Gall, l'ex-fluc devenue responsable de la sécurité du laboratoire, tente de contrôler la situation et de contenir les médias, avant de découvrir que Stanley Oxenford, le patron, et sa famille ont été pris en otages. Qui sont les hommes qui les séquestrent et que veulent-ils? Jusqu'où sont-ils capables d'aller? Quarante huit heures de huis clos, alors que dehors la tempête de neige fait rage.


Ken Follett s'attaque aux biorisques, tentations pour certains individus. En quarante huit heures, le lecteur retrouve: un incident (un agent contaminé), un vol, une séquestration et le coup de filet sur le réseau. Pour conclure nous retrouvons les personnages un an plus tard, toujours à Noël. Noël, cette période censée être dans les réjouissances: ce n'est pas le cas pour tout le monde.
Le contexte météorologique est très bien souligné, l'on pourrait s'y croire. La tempête de neige s'accroît tandis que les voleurs se retrouvent coincés dans la campagne, et réalisent leur prise d'otage assez violente: un parallèle d'intensité, comme si météo et individus étaient liés.

Les biorisques sont on ne peu plus d'actualité. Paru en 2006, ce thriller montre une ébauche de ce qu'un virus peut donner. Ce que j'aurais apprécié: un développement un peu plus scientifique autours de ce virus. Il y a un point intéressant sur les décontaminations, l'accès aux différents sas ainsi qu'une ébauche sur la transmission du virus d'un individu à l'autre. Mais pourquoi pas une partie en aval sur les recherches? Pourquoi pas quelques pages sur les motivations du groupe voulant diffuser le virus à grande échelle?

Ma note: 4.5/5 la prise d'otage est parfois un peu brouillon, quelques points mériteraient des approfondissements. En soi, ce livre (un petit pavé de 442 pages) est très bien mené, logique, et qui s'enchaine de façon rythmée. Le roman se veut scientifique, flanquant la peur et proposant une enquête: ces trois éléments sont très bien réunis, laissent une histoire accessible.

jeudi 18 septembre 2014

"Les micro humains (tome 2) de Bernard Werber

Composée de chercheurs et de militaires, la société française Pygmée Prod commercialise les services d'une nouvelle race d'humains créée de toute pièce : les Emachs, des femmes et des hommes ne dépassant pas 17 cm. Ces êtres réduits servent sur la planète entière à diverses tâches : leur petite taille et la minutie de leurs gestes font des merveilles ; certains se sont même illustrés dans des actes héroïques. Tout pourrait continuer ainsi, si un fait divers sordide ne venait tout bouleverser. En Autriche, un adolescent se filme en train de torturer trois de ces Emachs. Sur internet, la vidéo fait un buzz.
Le Dr Wells, à l'origine du projet, prend alors conscience que ses créatures ne sont pas considérées comme des êtres humains. Il milite activement pour que les grands de ce monde changent leur point de vue sur ces minis humains et leur donnent des droits.  De leur coté, les Emachs prennent le maquis et entrent en résistance...


Dans cette suite de "Troisième humanité", les scientifiques ont réussis à créer une nouvelle société: les Emachs. Une société à dominance féminine, et de très petite taille. Sauf que comme tout être humain dôté de la pensée, il y a forcément à un moment donné une prise de conscience de soi et du groupe: les droits humains, l'organisation de la société... Jusque s'échapper du cocon des scientifiques pour découvrir le monde: comme il a été fait chez les grands humains (Christophe Colomb etc.).

Bernard Werber pousse ici plus loin l'hypothétique hypothèse de ce que pourrait donner ce type de société: il l'a créée. Certes il s'agit de supposer comment les personnages peuvent évoluer, mais l'humanité reste la même peut importe le gabarit: les scientifiques d'un côté se divisant eux-mêmes en deux groupes (la protection versus l'utilisation de ce type de groupe), et les petits humains.

Ce deuxième opus pousse un cran au dessus (par rapport au premier volet) la mise en place de l'humanité suivante. Sauf qu'il s'agit de la première mise en place, ce qui signifie des effets plus ou moins prévus avec des protocoles plus ou moins applicables et donc des risques plus ou moins mesurés. Bref, une humanité test. La question est: comment les choses vont pouvoir évoluer à la suite de ce test grandeur nature?


Ma note : 5/5 une excellente suite qui démontre que l'on peut donner la vie mais que l'on a beau tout bien encadrer, il y a un moment où tout peut basculer. Il y a le côté scientifique d'étude, le côté utilisation de la nouvelle civilisation et la survie des micro humains: le tout s'emboite très bien, de façon logique. Quelque part, il y a une opposition en trois comme dans le premier volet (le titre est "TROISIEME humanité" ndr): après avoir abordé trois humanités, ici nous avons trois groupes humains qui s'opposent.


A lire si: vous voulez absolument savoir la suite de "Troisième Humanité, vous adorez le côté visionnaire

A ne pas lire si: vous vous dites "pourquoi pas regarder Chéri j'ai rétrécis les gosses"

"Troisième humanité (tome 1)" de Bernard Werber

En Antarctique, le paléontologue Charles Wells et son expédition découvrent, tout au fond d'un lac souterrain, les restes de squelettes humains d’environ 17 mètres de long. A Paris, le projet d'étude de son fils David sur le rapetissement humain est sélectionné par un tout nouveau programme de recherches, consacré à « l'évolution de notre espèce ». Wells père a retrouvé l'ancienne humanité, Wells fils entrevoit la prochaine humanité, mais ils sont loin encore de savoir la vérité. C'est grâce au soutien et à la passion amoureuse d'une femme, Aurore Kammerer, spécialiste dans la connaissance des Amazones, que sera révélé le plus surprenant des secrets et réalisée la plus folle des expériences, modifiant à jamais l'avenir des générations futures.


Bernard Werber pointe dans ce roman futuriste ce qu'a pu être la civilisation sur terre, avant nous. Et laisse la porte ouverte à ce qu'elle peut devenir au travers de la rapetisation des êtres humains, et également en féminisant la population. Bien que futuriste, le roman n'en reste pas moins accessible puisque l'histoire pourrait très bien se dérouler de nos jours ou dans les quelques années à venir.

En parallèle, la Terre est pensante. Elle agît volontairement sur les habitants (et subit des attaques extérieures dont elle tirera avantage) en largant des épidémies ou des éléments climatiques. Une façon de souligner que nous (les humains en général) attaquons un être vivant. Certes organique, mais vivant. Le lecteur perçoit au travers de ses interventions (des chapitres, tout de même, ou en tout cas des insersions) les critiques: les humains s'imaginent supérieurs, à pouvoir faire tout et n'importe quoi. La Terre réussira à entrer parfois en contact avec des humains qui prendront sa défense.

Bernard Werber propose une première humanité d'êtres vivants de plus de deux mètres de haut, nous en tant que deuxième humanité avec une taille moyenne d'un mètre soixante / un mètre soixante-dix, puis une projection d'une troisième humanité à suivre qui sera forcément plus petite. Une évolution logique menée de façon rationnelle, analytique sans tomber dans une approche rasoir ni trop irréaliste (roman tout de même futuriste).


Ma note: 5/5 un questionnement sur ce qu'on pû être les générations avant mais au-delà de ce que nous avons pû connaitre, et en émettant l'hyporthèque d'une civilisation féminine de petitesse (en tout cas de plus petite taille de ce que nous sommes actuellement): le tout tient parfaitement la route. Une plongé paléontologique dans le passé, le présent et le futur. Un questionnement éthologique qui ne peut laisser indifférent.


A lire si: le côté évolution de l'humanité en dehors de Darwin vous botte, le livre est écrit par Bernard Werber point barre ça ne se négocie pas

A ne pas lire si: déjà vous essayez (et arrivez plus ou moins) à vous gérer au jour le jour

mardi 16 septembre 2014

"Le théorème du perroquet" de Denis Guedj

Monsieur Ruche, libraire à Monmtartre, reçoit une lettre d'Amazonie signée d'un ami récemment disparu. Ce dernier lui lègue une incroyable bibliothèque d'ouvrages de sciences. Aidé de Nofutur, le perroquet amnésique récupéré à des puces, Ruche plonge dans l'histoire des mathématiques pour élucides le mystère de cette disparition.


Ledit ami n'a pas donné signe de vie depuis plusieures décénnies. Et en plus c'est pour mourrir peu de temps après avoir repris contact: c'est dire si le temps devait jouer contre lui... Ruche va devoir se débrouiller avec ce qui a été dit. Ce que l'ami amazonien a bien voulu dire. Perrette, une colocataire, à un moment, a mis le doigt sur le lien: quelle est la probabilité pour que Max trouve le perroquet aux puces? Le perroquet entre ainsi en ligne de compte avec l'amazonien. Parmi les théorèmes divers et variés, il y est question d'une troisième variable: il y a donc Ruche, l'amazonien et qui d'autre?

Par les maths, Denis Guedj met en rapport ce qui à priori n'a pas vraiment de rapport. Et en plus, en remontant à des mathématiciens anciens: des affirmations qui auraient été cassées par l'amazonien, et qui même auraient tenté d'être cassé par des mathématiciens avant.

Ma note: 4/5 beaucoup de maths mais une plongée intéressante. Le lien entre l'enquête dans les maths et la disparition se fait dans les 150 dernières pages.

lundi 8 septembre 2014

"Présumé Coupable" de Vincent Garenq

Casting: Philippe Torreton, Wladimir Yordanoff, Noémie Lvovsky, Raphaël Ferret, Michelle Goddet, Farida Ouchani, Olivier Claverie, Kevin Tholliez

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - "l'huissier" de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.


Vincent Garenq s'attaque à un des nombreux faits divers qui ont défrayés les chroniques: l'affaire d'Outreau. Cette affaire peut être qualifiée de fiasco si l'on considère l'instruction: des accusations, des rétractations, des erreurs de peines... Dès les premières minutes du film, le ton est donné: Alain Marécaux (interprété par Philippe Torreton) et la famille se font réveiller alors qu'il fait encore nuit. Assez symbolique pour le coup puisque ce sera le début d'une descende dans l'engrenage judiciaire.


Tout au long de ce film, le spectateur est plongé dans les méandres de l'emprisonnement et l'enchainement des passages face à la justice (que ce soit en salle d'audiance ou autre). Philippe Torreton est très convaincant en tant qu'individu clamant son innocence, la perte de poids (plus de vingt kilos de perdus) accentue d'autant plus cette descente aux enfers. De plus, Marécaux / Torreton clame son innocence du début jusqu'à la fin (tant face aux médias dans la vraie vie à l'époque des faits que dans le film): ce qui donne un sentiment d'injustice. En effet, la perte de poids révèle très souvent un mal-être profond.


 Au-delà d'une excellente mise en scène, pouvons-nous nous fier pour autant au message diffusé? Après tout, que sait-on vraiment de l'affaire d'Outreau? Sans pour autant remettre en question la violence de la prison ni le sentiment d'impuissance que certaines parties peuvent ressentir, que s'est-il vraiment passé? Des incohérences sont mises en avant dans le film, ce qui permet de se dire qu'il y a peut être anguille sous roche: les erreurs et contradictions sont suffisamment importantes pour se faire la réflexion qu'il ne peut pas y avoir "que ça". Rien qu'à voir le titre du film, il n'y a qu'un seul individu présumé coupable: peut-il seulement y avoir qu'une seule personne présumée coupable dans une telle affaire?


Ma note: 3.5/5 outre la prestation bluffante de Philippe Torreton et une scenario bien ficelé, "Présumé Coupable" relate à peu de choses près ce que l'on aurait pu voir dans les medias. La différence: la touche en plus de l'envers de l'instruction. Mais cet envers d'insctruction est baclée, incomplète. Peut-on être vraiment sûr de l'innocence des partis justement lorsque l'on voit l'instruction?


A voir si: vous voulez voir une version des faits de ce fait divers qui a déffrayé les chroniques, vous voulez voir une performance exceptionnelle de Philippe Torreton

A zapper si: par principe vous vous dites que la version n'est pas la réalité et donc que ça ne vaut pas le coup