Sorties

Edito Juin 2019

Le festival de Cannes est passé, a-t-il défié vos pronostics ? Avez-vous repéré des robes de créateurs (autant en profiter pour faire son shopping sans rien dépenser) ? D’autant plus que les beaux jours sont enfin là : il est temps de sortir les robes ! Ce n’est pas parce qu’il fait beau qu’il faut oublier de lire et de voir films et séries !

jeudi 30 avril 2015

"Et soudain tout change" de Gilles Legardinier

Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. A quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie... Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur...


"Tout change". Tout d'abord, pour un détail; un chaton seul survivant d'une fratrie et qui n'en a plus pour pour longtemps, un prof, faire face à la police à cause d'un règlement de compte avec un voisin, les parents qui veulent divorcer... Puis le verdict médical: un membre du groupe est atteint d'une maladie cardiaque qui normalement ne touche pas les ados, mais plutôt une catégorie de gens d'un certain âge.

Chaque élément du groupe va apporter sa pierre quant au fait de faire face: chacun a un certain vécu, une certaine vision des choses. Tout mis ensemble permet une entraide, un soutien. Et pourtant, au final, tout le monde pleur la perte: malgré des funérailles, chacun va rebondir avec son entrain habituel.

Cependant, j'aurais aimé savoir ce que devienne les membres du groupe: certes ils ont eu le bac, mais après? Les parents ont-ils finit par divorcer? Le voisin emmerdeur s'est-il calmé? Le chaton Flocon est-il toujours ami avec le chien? Et les ados qu'ont-ils choisi comme orientation post bac?

Ma note: 5/5 un livre émouvant et drôle à la fois. Gilles Legardinier confronte ici un groupe d'adolescents, membres qui se connaissent depuis la maternelle pour certains, face à la dure réalité de la vie (la mort) mais qu'il faut continuer à avancer (le bac, l'avenir). Un juste équilibre.

lundi 27 avril 2015

"Le passager" de Jean-Christophe Grangé

Je suis l'ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m'en sortir, une seule option: fuir l'autre. Mais si l'autre est moi-même?...


Jean-Christophe Grangé livre ici une plongée dans les identités psychiques: les fugues. Le lecteur a le droit à toutes les versions possibles: Anaïs la policière, et le gars. Et donc les personnes en lien avec ces deux personnages: les collègues, la case prison, les peintres, les instituts spécialisés, les clochards... Nous passons presque à tous les niveaux de la société. Sans oublier les états d'âmes: les doutes, les remises en questions qui ne passent pas, l'incompréhension, l'attachement...

Le principe des poupées russes est utilisé: lorsque l'on croit qu'une identité est mises à nue, une autre surgit... Et au final l'homme fugueur ne sait même pas qui il est. Un éternel recommencement. Alors que le fugueur psychologique a touché à son identité primaire, voilà qu'il perd absolument tout. Mais vraiment tout. Pour de bon. C'est une plongée dans des meurtres liés à la mythologie. A chaque meurtre correspond une identité du gars. Tandis qu'Anaïs cherche à éradiquer le passé violent de son père, elle doit encore y faire face. Lorsque l'on croit avoir résolu un problème, un autre surgit. Inaccessible au final puisque même si le doigt touche une issue, le pardon ou l'acceptation n'est pas de mise. La torture psychologique est faite pour rester.

Quel est le but du livre si, après avoir craqué toutes ses identités et les meurtres semés sur son passage, c'est pour tout perdre? Y compris la femme à qui il tient? Peut être qu'elle va le retrouver. A moins que la tempête ait emporté non seulement les identités mais aussi la nana policière.Bref, où va-t-on? Que cherche à montrer Jean-Christophe Grangé? Lorsque l'on croit avoir traité une partie de soi, une autre couche revient. La manipulation de l'esprit contre l'esprit. Forcé par des expérimentations médicales, mais pas que: Anaïs cherche à enfouir, à contrôler ses souvenirs par elle-même tandis que le gars ne contrôle rien mais voudrait contrôler.
Les deux personnages sont liés: les deux ont un parcours psychologique marquant. L'un s'en souvient mais voudrait oublier, tandis que l'autre a oublié mais voudrait se souvenir. L'enquête va plonger les deux personnages dans une spirale dans la psychologie pure et dure: Anaïs veut comprendre ce qui se passe avec le gars et le gars cherche exactement la même chose. Vraiment? Dans un sens oui puisqu'un lourd passif familial va être révélé: pour Anaïs c'est mis en avant dès le début que le paternel n'est pas un saint, tandis que pour le gars cela va surgir dans les dernières pages.

Ma note: 5/5 un puzzle que plusieurs personnes essayent de résoudre, lecteur y compris. Jusqu'où aller pour se libérer d'un poids psychologique? Une fois l'objectif atteint, tout oublier permet d'avoir une page blanche pour tout réécrire, repartir à zéro à cent pour cent: tout n'est pas bon à garder. Vraiment?

mercredi 22 avril 2015

"Les trois frères" de Bernard Campan et Didier Bourdon

Casting: Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus, Anne Jacquemin, Antoine du Merle, Marine Jolivet, Bernard Farcy

Sorti au cinéma le 13 Décembre 1993

Le même jour, trois hommes découvrent qu'ils sont frères et héritent de 3 millions. Mais dix jours plus tard, l'héritage est détourné... et la galère comment pour trois frère qui n'ont que faire d'être frères.


Chacun mène sa vie, dans son coin, avec plus ou moins de succès. Didier se charge de vérifier les caméras de vidéosurveillance dans un supermarché, et se retrouve face à une ex. Pascal est dans une entreprise de moyenne envergure. Bernard se débrouille sur les marchés. Trois profils bien différents qui se découvrent chez le notaire.


Lorsque l'héritage est annoncé parti pour une oeuvre caritative car aucun héritier n'a signé l'héritage, ça va partir en cacahuète. Mais si seulement il n'y avait que ça: Michael le fils d'une voisine de palier de Bernard va se retrouver à la porte... Et c'est parti pour une cavale.


Tout est bon pour limiter les paiements, mais Michael le mouflet ne va pas l'entendre de cette oreille: il ne se montrera pas vraiment coopératif. Mais un lien va se créer entre les frères et avec le gamin. Les frères vont quand même décrocher le billet gagnant pour le plateau du Millionnaire. Pour finir sur le banc des accusés, et avec un travail d'intérêt général dans un orphelinat. Tandis que le mouflet va vivre avec une nana rencontré pendant la cavale des frangins.


Une histoire de tâche de naissance sur le haut de la fesse droite, commune aux trois frères mais aussi à Michael, va changer la donne: après corrélation entre la naissance et les fréquentations de la mère de Michael, Bernard va se mettre en tête qu'il est le père du gamin. Après avoir découvert ses frères, voilà que Bernard est papa...


Après une virée en boite, les frères finissent avec des piercings dans des endroits absolument dingues. Bernard va faire face aux beaux-parents et la nana en robe de mariée (elle est moche: ça vous dit quelque chose?). Pascal va se retrouver en recherche d'emploi: mais le côté chercheur d'emploi fait mauvaise figure pour l'entreprise recruteur. Le passage de l'agent mandaté par l'état (très important qu'il soit mandaté par l'état vous avez dû vous en rendre compte) pour faire un bilan des meubles qui peuvent être saisis chez Pascal.


Ma note: 4/5 des situations cultes, des répliques mémorables, des personnages hauts en couleurs: "Les trois frères" un film qui réussit à mettre en place une comédie sur fond de quête d'identité et de prendre sa place par rapport à une famille ignorée jusque là. Ce film met en avant des cas que nous connaissons aujourd'hui: le passage par la case recherche d'emploi par exemple, ou encore les jeux de hasard.


A voir; si vous voulez une comédie familiale flanquée d'une cavale et de répliques simples mais efficaces, si vous n'êtes pas contre un humour un peu lourd

A zapper: si rien que la bande-annonce vous jugez cette comédie potache juste pas regardable, si en fait rien que la bande-annonce vous fait monter la moutarde au nez du fait de situations d'un humour trop gras


vendredi 10 avril 2015

"Comment braquer une banque sans perdre son dentier" de Catharina Ingelman-Sundberg

Ils sont trois femmes, deux hommes: Märtha, Stina, Anna-Greta, le Génie et le Râteau, chacun 80ans au compteur. Ils chantent dans la même chorale et dépérissent dans la même maison de retraite à Stockholm. Nourriture insipide, traitement lamentable, restrictions constantes, pas étonnant que les résidents passent l'arme à gauche... Ils ne vivront pas un jour de plus dans ce mouroir. Un brin rebelles et idéalistes, les cinq comparses décident de se lancer ans le grand banditisme. Avec leurs cheveux blancs et leurs déambulateurs, ils s'apprêtent à commettre le casse du siècle. Mais l'aventure s'emballe et rien ne va se passer comme prévu...


La maison de retraite et sa vie. Sans compter sur un groupe de rebelles ! Et bien sûr la police ne va pas se douter un instant que ce groupe d'octogénaire a quelque chose à voir avec les tableaux volés, ni la demande de rançon. Une histoire à deux vitesses : d'un côté les vieux qui descendant dans une suite à l'hôtel et qui vont vivre le vol de tableaux et la prison, de l'autre côté la police qui mène l'enquête en voulant voir les voleur là où ils ne sont pas.

Les noms des structures, des personnages sont imprononçables. Même le nom de l'auteur. L'ambiance de l'histoire est tout aussi abracadabrante: il n'y a pas d'âge pour vouloir changer les choses, idéaliser. Une note de folie souffle dans la maison de retraire. Pendant que les gérants tentent de rattraper le coup et continuer la politique de restrictions.

Ma note: 4.75/5 Catharina Ingelman-Sundberg apporte ici les éléments de tous les bords (la maison de retraite, les vieux, l'enquête...) de façon équilibrée, logique et claire. L'histoire est rigolote: le lecteur imagine très bien le groupe d'octogénaire en vadrouille, les policiers qui tournent en rond, la vie ne prison. Il est tout à fait possible de projeter la vie du groupe quand tout les éléments sont remis en place.

jeudi 2 avril 2015

"Juste avant le bonheur" d'Agnès Ledig

Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère: Julie reste méfiante, elle n'a pas l'habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend...


Trois destins brisés vont se rencontrer: le père, le fils et la caissière. Chacun a une faille: une femme décédée, jeune mère célibataire, une séparation... C'est aussi des personnages qui entrent dans ces vies: la remplaçante du médecin, la meilleure amie... Les brisés de la vie vont ouvrir des portes. Alors que le lecteur croit que les trous se comblent, un nouveau drame surgit, impliquant cette fois tous les personnages: lors du retour du weekend breton, un accident de la route.

Agnès Ludig apporte ici l'idée de sas: chacun a une faille, une blessure plus ou moins profonde. Mais chacun peut influencer sur l'autre car son point fort peut être le point faible, et ascenseur peut revenir après coup: Julie va aider Jérôme a pleurer sa femme, Jérôme va aider Julie à aller de l'avant suite au décès de son fils Ludovic (Lulu ndlr).

Tout au long de cette histoire, Agnès Ludig montre que tout n'est que coïncidences. A quelques minutes près, ils n'auraient pas croisé le van à contre-sens. A quelques caisses près, Julie n'aurait pas rencontré cet homme. Et ainsi de suite.

Ma note 5/5 un petit livre de 327 pages qui aborde juste comme il faut les influences des uns et des autres, les failles et les joies. L'on croit souvent que l'on ne peut pas tomber plus bas, jusqu'à ce que la chute continue et que l'on touche vraiment le fond. De rencontres au hasard peuvent naître de belles histoires, que l'on ne soupçonnait pas.