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Edito Novembre 2018

La fin d'année sonne à grands pas, dans moins de deux mois les fêtes sont là ! Un coup de froid s'abat sur le pays: un plaid, un thé, son chat et un bon livre ou une série télé. Continuons le sport, avec le bon équipement (Guillaume Néry / Teddy Riner / Rich Roll... vous trouverez bien un coach !).

mardi 13 juin 2017

"Le bureau des Jardins et des Etangs" de Didier Decoin

Empire du Japon, époque Hein, XIIème siècle. Être le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n'empêche pas Katsuro de se noyer. C'est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu'à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa. Chaussée de scandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendues ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forets et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l'eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l'homme qu'elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu'il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Etangs.


L'ancien Japon est à l'honneur et le vocabulaire, les relations, les rituels semblent en effet venir d'un temps ancien. Des annotations en bas de page permettent de comprendre le contexte: divinités du shintoïsme, l'heure (du tigre, / du serpent / du chien...), les unités de mesure (koku / shaku / kin...), les vêtements (haori) ou encore la gastronomie (mochi). Un côté authentique du fait du vocabulaire, des tenues, influencé par des codifications et des mythes comme par exemple se courber pour saluer ou encore les rajouts -san ou -senseï pour marquer le respect, le rang.

L'histoire peut sembler simple au premier abord: une veuve assure la commande passée à son défunt époux. Mais au fil de son périple, les individus ne seront pas pleins tous de bonnes intentions, ce qui, ajouté à une certaine naïveté, rend les situations touchantes et révoltantes à la fois: abuser d'une femme limite inculte, face à des individus qui savent tirer la couverture à leur avantage.

Didier Decoin ne se contente pas de narrer l'histoire d'une femme accomplissant une dernière commande et les traditions du Japon du 12ème siècle: l'intimité n'est pas oubliée. Mais nous ne sommes pas dans un roman d'EL James "50 nuances". Certes, les descriptions sont là, et sans équivoques. Mais oubliez le côté olé-olé flanqué de pratiques peu orthodoxes: ici, l'intimité semble être un élément assez prude.

Ma note: 5/5 Didier Decoin va au-delà de la simple livraison de carpes pour un temple, il propose des traditions japonaises, des relations humaines et des croyances ancestrales. Les descriptions sont suffisantes pour saisir la portée des interactions, et pour avancer dans la trame.

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