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Edito Novembre 2018

La fin d'année sonne à grands pas, dans moins de deux mois les fêtes sont là ! Un coup de froid s'abat sur le pays: un plaid, un thé, son chat et un bon livre ou une série télé. Continuons le sport, avec le bon équipement (Guillaume Néry / Teddy Riner / Rich Roll... vous trouverez bien un coach !).

jeudi 24 août 2017

"Anna Karénine" de Tolstoï

Anna n'est pas qu'une femme, qu'un splendide spécimen du sexe féminin, c'est une femme doté d'un sens moral entier, tout un bloc, prédominant: tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s'applique bien à son amour. Elle n'est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d'amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie. Elle part vive avec lui d'abord en Italie, puis dans les terres de Russie centrale, bien que cette liaison "notoire" la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.


Des questionnements sur la religion, la gestion de champs, la vie de famille, les élections politiques, la mort, la chasse, un cheval blessé à la patte. Les dialogues sont typiques de la haute société: on passe d'un "laissez-moi tranquille" à "mais restez prendre un thé" dans la foulée pour finir avec un "que pensez-vous des nouvelles fleurs au jardin". Anna Karénine évolue au milieu de femmes qui semblent rangées à leur rang d'épouse, mère et femme de maison. Elle semble se détacher du lot par ses considérations. Son attitude entraîne des ragots, les alliées les plus proches se défilent: les bonnes moeurs d'abord.

La photo de couverture est à l'image du personnage: féminine et déterminée. Elle semble respecter physiquement les codes de la femme de la bourgeoisie: teint de porcelaine, robe délicatement brodée, coiffure naturelle mais travaillée, posture droite.

Après le roman, le lecteur retrouve une trentaine de pages, qui permettent de comprendre le contexte d'écriture de "Anna Karénine": la publication à l'époque (sur 3ans), le point de départ de l'histoire, les tourments de Tolstoï... L'expérience de la Russie de cette époque est prolongée au travers de l'auteur. Nous avons l'aspect fictif et l'homme derrière le fictif. Ces "Commentaires" (comme il est écrit dans le livre) ajoutent un vrai atout au roman: l'envers du décor n'est pas réservé qu'aux films.

Le lecteur est plongé dans des échanges passionnés révélant des fêlures, et continue l'aventure en découvrant l'auteur avec ses failles: si Tolstoï n'avait pas ses doutes, névroses, aurait-on pu lire "Anna Karénine" tel qu'il est écrit? Ce roman peut être vu comme une thérapie pour Tolstoï: une façon d'expier ce qui le travaille psychologiquement.

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