Sorties

Edito Mai 2019

Voici Mai fait ce qu’il te plait ! La météo de ce début du mois de Mai n'est pas si beau que cela, idéal pour rester au chaud à lire et regarder des films. Nous le phénomène annuel du festival de Cannes du 14 au 25: quel sera le cru de cette année ? Le 8 nous aurons un troisième Hellboy, dont les deux premières aventures remontent à 2004 et 2008. Pikachu devient détective au cinéma.

mercredi 27 septembre 2017

"Une vie" de Simone Veil

Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s'y montre telle qu'elle est: libre, véhémente, sereine.


Un parcours de vie exceptionnel, raconté à la première personne: l'implication personnelle renforce ce récit déjà poignant. Car le camps d'Auschwitz et la séparation familiale sont déjà très émouvants et la scène politique est un monde tourbillonnant, happant. Les descriptions sont assez intimes tout en restant pudiques: la juste distance pour impliquer le lecteur, partager les ressentis sans trop en révéler non plus.

Les annexes sont très fournies. L'idée est excellente d'avoir séparé les discours et lettres, du corps du texte: d'un côté l'histoire se raconte, les annexes sont un autre rythme et auraient pu alourdir les émotions partagées. Les documents en ajout donnent un aperçu de l'attitude à avoir selon le contexte de la chair.

Simone Veil a intégré le Panthéon aux côté de son mari. La famille a eu une place importante dans sa vie: la mère qui a insisté sur le fait d'avoir un vrai travail, l'insouciance avec la fratrie, mais aussi les amis. C'est une leçon de vie et de géopolitiques, dans un équilibre juste.

dimanche 24 septembre 2017

"Les souvenirs" de David Foenkinos

A la mort de son grand-père, le narrateur décide de prendre soin de sa grand-mère. Conscient du temps qui passe et de la fragilité des moments de bonheur, celui qui n'est à l'époque qu'un auteur balbutiant redécouvre le plaisir d'une vraie relation complice. Quand la vieille dame fugue de sa maison de retraite, il s'enfuit avec elle et, sur la route, rencontre l'amour...


Un homme à fleur de peau, qui ne se sent pas vraiment à sa place vis-à-vis de son père, qui ne comprend pas ses parents, qui essaye d'écrire sans grand succès. Quand son patron lui propose de gérer lui même l'hôtel, c'est pratiquement inespéré. Et le début d'un rite initiatique à la vie: la fugue de la grand-mère, une rencontre à des funérailles, quelques mots échangés avec une institutrice, l'amour, un emménagement, des questionnements sur la vie de couple et l'écriture, et même un enfant.

Il va finir par trouver sa voie, non sans des trébuchements et des joies. Le lecteur ressent ce que le personnage ressent grâce aux descriptions, à la ponctuation et aux passages en italique qui apportent une touche explicative, plus personnelle, une autre vision du récit. Nous pouvons même avoir l'impression que sa vie est un accident de parcours: il est là sans vraiment décider de ce qui se passe.

House of Cards saison 3

Casting: Robin Wright, Kevin Spacey, Michael Kelly, Jimmy Simpson, Elizabeth Marvel, Derek Cecil, Nathan Darrow

Nouveau jeu - Chute libre - Diplomatie de l'Est - Dommages collatéraux - Promesses - Concessions - Troubles du passé - L'ouragan Underwood - Condoléances - Vallée du Jourdain - La famille avant tout - Principes moraux - Nouvelle vie


Une accélération violente des relations dans le couple Underwood: Franck montre un côté pervers narcissique. Tout le monde, dans son cabinet, a joué le rôle qu'il devait jouer, maintenant c'est au tour de Claire: depuis le début elle savait à quoi s'attendre, et maintenant elle fait marche arrière, ce qui est inacceptable. Le couple s'en sortira-t-il indemne?


En même temps, deux collègues de cabinet tentent de sauver les apparences: Madame est désormais mariée à un chirurgien de renom, se positionne en faveur d'Heather Dunbar en course pour la présidence, tandis que l'amant décide de quitter définitivement le Capitole. Il est temps d'aspirer à une autre vie: pour les bonnes raisons? Pas si sûr...


Un journaliste milite en Russie pour le droit des homosexuels et se retrouve en prison, comme des dizaines d'autres manifestants. Claire Underwood tente de le raisonner, pendant que Franck négocie avec le vice président russe un accord de paix. Y arrivera-t-elle? Cela va lancer la perte du couple Underwood plus qu'autre chose...

La Russie qui fait face aux Pussy Riots, ce qui est non sans rappeler l'actualité à un certain moment depuis l'an 2000. Les positions du vice président Russe, les attitudes ressemblent fortement à ce qui se passe dans la réalité.


Un débat politique, pour la primaire, oppose trois candidats: Heather Dunbar, Franck Underwood et Jackie Sharp. Pendant ce temps là, Doug Stamper règle un problème du passé: une jeune femme, qu'il empêche d'avoir une vie sociale, "pour sa propre sécurité", que pourra-t-elle prétendre avoir comme échappatoire face à cet homme?


Le couple Underwood est vraiment en danger, tandis qu'une vraie rivale s'affiche pour le poste de Présidente: comment gérer les deux fronts? Dans les aspects plus bénins, le livre sur le programme "L'Amérique au travail" ne prend pas les tournures que Franck Underwood voudrait, et des amants tentent de trouver une place.


dimanche 17 septembre 2017

"Cars 3" de Brian Fee

Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve mis sur la touche d'un sport qu'il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le n°95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d'ingéniosité. L'aide d'une jeune mécanicienne pleine d'enthousiasme, Cruz Ramirez, qui rêve elle aussi de victoire, lui sera d'un précieux secours...


Comme dans de nombreuses disciplines, la technologie évolue. Ici, dans la course automobile, nous parlons aérodynamique et analyse de l'impact sur le bitume. McQueen a fait parti de la génération qui a connu un certain âge d'or. Désormais, une nouvelle génération écrit l'histoire: de nouvelles technologies, permettant de nouveaux records, mettent une nouvelle donne et ouvrent une page pour une nouvelle ère.

Le choc des échecs poussera Flash McQueen, pendant quatre mois, à vivre reclus, avant d'aller au centre d'entraînement. Mais la dure réalité de l'évolution est là: fitness sur tapis roulant avec des lâchés de moucherons, passage sur simulateur et cours de zumba. Il est bien loin déjà le temps où les voitures allait dans la poussière... La confrontation avec la coach Cruz va provoquer un sursaut d'énergie chez l'un comme chez l'autre.


N'oublions pas les anciens: ils ont leur place, pour redonner du courage et donner une autre vision de chaque situation. Ils permettent de rappeler qu'on a beau être considéré comme un rebut au regard des nouvelles normes, il y a toujours la ruse qui permet de sauver les meubles ou bien donner sa chance à la personne qui a les capacités mais qui n'a jamais eu la chance de faire ses preuves.


Ma note: 4,75/5 les aïeux, l'encouragement à double sens et l'acceptation des changements sans perdre sa personnalité: ce troisième opus surprend par sa maturité, tout en gardant des touches d'humour. Nous retrouvons aussi l'essence du premier Cars: l'automobile. Sur fond de sujets qui nous concernent vraiment: l'accès aux données des sportifs est plus précise, les aïeux permettent un échange face à ce que nous vivons.


A voir: pour une maturité sans oublier l'humour

A zapper: si pour vous il s'agit d'un énième opus

"Cars 2" de Brad Lewis et John Lasseter

Flash McQueen, la stars des circuits automobiles et son fidèle compagnon Martin la dépanneuse reprennent la route pour de nouvelles aventures. Les voilà partis pour courir le tout premier Grand Prix Mondial, qui sacrera la voiture la plus rapide du monde ! Mais la route du championnat est pleine d'imprévus, de déviations et de surprises hilarantes, surtout lorsque Martin se retrouve entraîné dans une histoire comme il n'en arrive qu'à lui: une affaire d'espionnage international ! Ecartelé entre son désir d'assister Flash McQueen dans cette course particulièrement difficile et celui de mener à bien une mission d'espionnage top secrète, Martin se lance dans un voyage bourré d'action et une course-poursuite explosive sur les routes du Japon et de l'Europe.


Un second opus entre amitié et devoir de niveau national. Une course qui se présente rarement dans une vie, face à une mission qui donnerait une reconnaissance particulière. Les voitures, quelle que soit l'engagement pris, vont sortir de leur cadre habituel, que ce soit pour le parcours de course ou la mission top secrète.


Les enjeux passent un cran au-dessus, tant pour la course automobile que le devoir envers la nation. Le scénario est entre Rush / Michel Vaillant et Mission Impossible, en passant par le tuning, version film d'animation d'1h40. Les voitures vues lors du premier film restent fidèles à elles-mêmes, toujours avec des caractères distincts tout en étant complémentaires.


Nous passons cette fois dans une trame qui se veut tout de même plus policière que courses de voitures. Il y a plus de courses-poursuites hors zone de rallye. Cela donne un nouveau style. La malice de certaines répliques détendent l'atmosphère et permettent de changer un peu d'ambiance.


samedi 16 septembre 2017

"Avant le labyrinthe: la braise (5/5)" de James Dashner

Le monde touche à sa fin. L'éruption solaire n'était que le commencement: à présent que la Braise s'est répandue, les homes sont gagnés par la folie et s'entretuent. Mais le WICKED cherche un remède, et trouve le garçon parfait: Thomas. Il va alors construire un labyrinthe que lui seul pourrait détruire... La vérité sur la construction du labyrinthe, la pure et l'arrivée des blocards est enfin dévoilée !


Nous avions eu la trilogie "Le Labyrinthe", puis "Avant le labyrinthe: l'ordre de tuer". Pourquoi lire ce nouveau volet? James Dashner promet des révélations sur le programme du labyrinthe: sa création par celui qui le détruira, Thomas. Et le libre est à la hauteur de cette promesse. Nous retrouvons le Dr Paige, qui, dans une vidéo visionnée par des blocards dans un livre précédent, avait parlé d'enclencher la procédure de la purge: nous voyons cette fois la purge, à laquelle Thomas a participé, mais dont il ne se souvient pas. C'est aussi le groupe des blocards, ces membres qui se sont liés avant de se retrouver dans l'épreuve du Labyrinthe, mais ne s'en souviennent pas: nous découvrons cet envers du décors, les peurs qui se partagent, les observations.

James Dashner apporte les origines du Labyrinthe d'un point de vue technique mais il n'oublie pas le côté humain. Nous avons les points de création: les Griffeurs, les effets visuels, la façon dont les blocards sont envoyés au Bloc. Le lecteur découvre le lavage de cerveau des immunisés, les amitiés qui se créent, les inquiétudes et rebellions qui se mettent en place, les personnes qui retournent leurs vestes. Les dernières pages sur l'envoie de Thomas et Teresa dans le Labyrinthe montre que les bonnes intentions ne le sont en fait pas: nous en arrivons à nous demander qui veut vraiment trouver une solution à la Braise.

Nous avons déjà lu les quatre précédents opus, le lecteur connaît le Labyrinthe, l'échappatoire des blocards, les découvertes sur une terre hostile. Pourtant, dans cet opus, face aux doutes soulevés, aux amitiés séparées, aux observations mises en avant, aux confrontations entre les personnages, aux vestes qui ne semblent pas être ce qu'elles sont: le lecteur se retrouve lui aussi impliqué dans l'histoire à ne pas savoir qui croire, que croire. Le labyrinthe est un évènement fort et violent, comme nous avons pu le lire, ainsi que ce qui suit de l'échappée: les débats, doutes et préparations donnent tout du fil à retordre

samedi 9 septembre 2017

"Le saut de l'ange" de Lisa Gardner

Nuit noire et pluvieuse sur le New Hampshire: au détour d'une route, une voiture fait une violente embardée. Au volant, Nicole ne se souvient de rien, sauf d'une chose: sa fille, qui était avec elle, a disparu. Si les recherches de la police confirment la présence d'une autre personne lors de l'accident, le mari de Nicole prétend que l'enfant n'a jamais existé... Qui croire? Que s'est-il réellement passé cette nuit-là? Nouvelle enquête pour le sergent Wyatt Foster et de Tessa Leoni.


Les premiers pas de l'enquête déroutent tout le monde: boîte de vitesses au point mort, pas de trace de freinage, taux d'alcoolémie en dessous du seuil (donc conductrice pas soûle), le chien renifleur ne trace qu'une seule odeur, une enfant qui n'a jamais existé malgré les affirmations virulentes de Nicole. Un passé médical lourd: en six mois, Nicole en est à son troisième traumatisme crânien. Femme battue par son mari? Et si Nicole était une de ces enfants kidnappés? Elle aurait été enlevée vingt eux ans auparavant. Deuxième piste sérieuse étudiée. Jusqu'à l'apparition d'une troisième piste: trafic de mineurs pour une maison close.

Vous ne devinerez jamais la fin. Alors, entre les trois pistes qui sont gardées avec plus ou moins d'intensité au fil de l'enquête, où Lisa Gardner mènera-t-elle le lecteur: femme battue, enfant disparue ou la traite d'enfants? Ou plusieurs de ces pistes à la foi? Qui est vraiment le mari, que cache la femme? Une plongée dans la psychologie: un déséquilibre mental va révéler, petit à petit, des éléments tangibles, mais en même temps des chimères.

Ma note: 5/5 Il faut trier le vrai du faux, entre preuves ADN et technologie: les empreintes d'une disparue, une imprimante 3D, une maison incendiée volontairement. Lisa Gardner s'encre dans la réalité avec les possibilités offertes par les nouvelles technologies: comment est-il possible d'induire en erreur, la création de faux papiers, comment recevoir de l'argent en espèces sans attirer l'attention.

mardi 5 septembre 2017

"J'ai toujours cette musique dans la tête" d'Agnès Martin-Lugand

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s'aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse le chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin. Mais la vie, qui semblait devenir un rêve éveillé, va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra? Son couple résidera-t-il aux ambitions de leur entourage?


La frustration pousse à prendre une décision radicale: à l'aube de la quarantaine, Luc plaque son poste, avec donc un salaire fixe à la clé. Le client, pour qui Luc et Yanis avaient planché et qui se retrouve le bec dans l'eau, voit en Luc l'opportunité: le lancer. Les financements sont là grâce au fait que Tristan se porte garant. Presque trop beau pour être vrai, d'autant plus que Tristan proposera même à la famille de venir passer quelques jours en Normandie...

Tristan est doucereux, mais tout comme les personnages, le lecteur veut y croire aussi. Sauf que le bonheur est plombé à une semaine du rendu du centre commercial, et à partir de là, les réelles intentions et failles vont se révéler. Nous croyons connaître les gens, mais des conflits peuvent révéler une toute autre facette. Et nous retrouvons d'un côté ceux qui veulent encore y croire malgré tout mais qui ne peuvent tout tolérer, et de l'autre côté une issue qui semble improbable et le gouffre qui continue de s'ouvrir.

Un registre beaucoup plus sombre bien qu'optimiste: Agnès Martin-Lugand réussit son pari. Elle reste dans le domaine des blessures personnelles, des rancoeurs, mais en allant encore plus loin dans la démarche en s'attaquant aux manipulateurs.