Sorties

Edito Mai 2019

Voici Mai fait ce qu’il te plait ! La météo de ce début du mois de Mai n'est pas si beau que cela, idéal pour rester au chaud à lire et regarder des films. Nous le phénomène annuel du festival de Cannes du 14 au 25: quel sera le cru de cette année ? Le 8 nous aurons un troisième Hellboy, dont les deux premières aventures remontent à 2004 et 2008. Pikachu devient détective au cinéma.

mercredi 29 novembre 2017

"La jetée sous la lune" de Martha Grimes

La Porte est une ravissante station estivale de la Nouvelle Angleterre. Avec ses belles villas, son café "Le rainbow" où vous pouvez déguster une exquise tarte au citron, mais aussi ses célébrités locales comme Maud, la serveuse du Rainbow, qui chaque soir vient s'asseoir au bout de la jetée avec ses rêves et sa bouteille de Martini. Pourtant, derrière cette façade paisible, la peur règne: depuis cinq ans, quatre meurtres horribles ont été commis. Des jeunes femmes atrocement mutilées. Sam DeGheyn, le shérif, est bien décidé à identifier et à arrêter le meurtrier. Enfin, l'assassin, que vous y croiserez certainement, s'apprête à faire une nouvelle victime...


Découverte au détour d'un bouquiniste à Lille, un dimanche matin, avant de prendre la route pour rentrer à la maison. La couverture a attiré mon regard, le titre ensuite. Le résumé fait penser à la bourgade qui a tout pour être tranquille, où tout le monde se connait et repère donc toute nouvelle tête ou les gens de passage. Et pourtant, des meurtres vont meurtrir des familles, des vies. Dès que le coupable désigné du premier meurtre sort des barreaux, un meurtre est à nouveau commis: la coïncidence est trop belle.

Pourquoi "La jetée sous la lune"? Cette femme, un peu bizarre, aime y passer la soirée, jusque tard dans la nuit, avec une lampe et une bouteille d'alcool. Ce lieu l'attire comme un moucheron par une lumière. Elle s'imagine la vie des quelques individus, de l'autre côté du lac, qui font la fête. C'est là que toute l'histoire va se finir. Pourtant c'est un lieu tout à fait banal pour coffrer un meurtrier: cela aurait pu être, comme dans tout roman policier, prendre la personne la main dans le sac ou en ayant confondu des erreurs et des indices.

Pour cela, le roman reste assez léger. Il y a eu les meurtres, répartis sur quelques années, un suspect mis sous les barreaux et libéré: pas de chance pour lui, un assassinat est fait à l'occasion de sa sortie. Presque pour lui souhaiter un bon retour écourté parmi la vie. Mais le lecteur n'a pas d'éléments sur les différents assassinats: comment l'enquête s'est déroulée, ce qui s'est dit dans la presse, comment les habitants ont parlé de ces évènements. Nous arrivons directement au point final: un policier, qui n'a jamais lâché le morceau, persuadé depuis le début que la mauvaise personne est derrière les barreaux.
L'avantage: le lecteur n'est pas assailli par des détails plus ou moins appétissants des scènes de crimes, de témoignages fleuris des meurtriers, du vocabulaire un peu bourin des policiers, des ragots à qui mieux-mieux qui ne mènent à rien. Le lecteur suit l'instinct d'un homme.

Ma note: 3.5/5 il manque beaucoup de choses sur la trame des meurtres, nous arrivons trop proche du dénouement final. Pourquoi ce policier n'a jamais douté de l'innocence du condamné? Quels éléments ont poussés le meurtrier à sévir, que va-t-il se passer après les révélations sur son identité?

mercredi 22 novembre 2017

"Mort ou vif (1/2)" de Tom Clancy

Le Campus: une organisation secrète, créée sous l'administration du président Jack Ryan, chargée de traquer, localiser et éliminer les terroristes. Et tous ceux qui les protègent. Son pire ennemi: l'Emir, un tueur insaisissable, qui a programmé la destruction de l'Occident. Ses hommes: Jack Ryan Jr et ses cousins, plus quelques recrues de choc. Leur mission: prendre l'Emir. Mort ou vif !


Une traque type CIA, sur un sujet d'actualité, et en deux tomes: voilà pourquoi j'ai pioché ce roman sur l'étagère de la bibliothèque. La longueur permet une enquête, une évolution et une course poursuite longues: comme le serait une enquête dans la réalité. Chacun se positionne en fonction des opportunités, les éléments apparaissent petit à petit.

Le lecteur voit les deux côtés de la trame: les forces armées / les enquêteurs (les gentils quoi) et les terroristes. Quand l'un bouge, l'autre réagit. Logique, me direz-vous. Mais de ce fait, nous pouvons cerner les façons de penser, l'avancée des pions sur l'échiquier, les rencontres fortuites pour donner des informations...

Ce premier volet permet une très bonne entrée en matière: comment les pièces du puzzle s'installent,  les évènements qui se sèment et qui peuvent paraître bénins (la disparition d'un jet privé est idéal en fait divers), le lecteur découvre quelques démons planqués dans certains esprits.

Peu d'indices filtrent sur la localisation de cet Emir, l'erreur n'a pas encore été commise pour localiser cet individus ni savoir exactement les cibles, les précautions se prennent. Tout est ardu, des deux côtés: se cacher et dénicher.

dimanche 12 novembre 2017

"Geostorm" de Dean Devlin

Casting: Abbie Cornish, Gerard Butler, Jim Sturgess, Alexandra Maria Lara, Daniel Wu, Eugenio Derbez, Ed Harris, Andy Garcia

Sorti au cinéma le 1 Novembre 2017

Grâce à une coopération sans précédent entre Etats, un réseau de satellites contrôle désormais le climat et protège les populations. Jusqu'à ce que le dispositif se dérègle... S'agit-il d'un complot ou d'une faille dans le système? S'engage alors une véritable course contre la montre...


Le film s'ouvre sur un bilan climatique: accroissement des évènements climatiques dans leur nombre et leur extrême violence. La solution: un contrôle depuis l'espace, un système qui permet de dissoudre les ouragans ou encore les pluies. Sauf que cela va déraper: un village de plusieurs centaines d'habitants, retrouvé entièrement glacé. Ensuite, après une hausse des températures, les canalisations de gaz d'Hong Kong explosent, avant de voir une chute brutale des températures. Que se passe-t-il?


Geostorm, ou tempête mondiale, se révèle être le but ultime de ce système de satellite de contrôle météorologique. Mais pourquoi? Un bug de système, un détournement humain? Les plus grandes villes tombent les unes après les autres: Rio de Janeiro, Los Angeles, Dubaï... Et ce n'est que le début. Ou la fin.


Nous avons eu "Le jour d'après" et "2012", films durant lesquels les individus subissent la météo. Là, les hommes veulent renverser la vapeur et contrôler la météo. Cela peut partir d'une bonne intention: limiter les catastrophes naturelles. Mais si le changement de consommation ne vient pas de la terre, la météo sera toujours extrême.


Geostorm va au-delà de la simple catastrophe naturelle. Une rivalité entre deux frères, sur fond de perte de parents, va tenter d'être mise de côté pour gérer avant tout le problème du programme. C'est aussi un père, absent, qui a perdu son poste d'ingénieur, qui tente de trouver grâce auprès de sa fille et de son frère.


Un blockbuster catastrophe sur fond de courses poursuites sur routes et dans l'espace. Le rythme se lance dès le début du film: le constat, puis le spectateur est projeté trois ans plus tard, et c'est le début du "bug" satelitaire.


A voir: si vous adorez les films catastrophes, pour retrouver Gerard Butler abonné aux films d'action (nottament La chute de la Maison Blanche et La chute de Londres), pour Abbie Cornish au volant d'un taxi transformé en bolide (après avoir été parapsycho dans Prémonitions et danseuse dans Sucker Punch)

A zapper: si les films catastrophes ne sont pas votre tasse de thé ou de café, si vous considérez que l'action météorologique vient d'ici et non de là-haut

samedi 11 novembre 2017

House of Cards saison 4

Casting: Robin Wright, Kevin Spacey, Michael Kelly, Mahershala Ali, Molly Parker, Elizabeth Marvel, Derek Cecil, Nathan Darrow, Lars Mikkelsen, Jane Atkinson, Paul Sparks, Reg E. Cathey, Ellen Burstyn, Boris McGiver

Débuts de campagne - Première Dame rebelle - Jour de vote - Danger à Dallas - Manipulation - Guérison - Un concurrent menaçant - Livre crucial - Première Dame vice-Présidente - Ticket présidentiel - Au-delà du mariage - Prise d'otage - Détruire quiconque se dresse sur mon chemin


La campagne présidentielle est vraiment lancée, et qui rappelle fortement la lignée Kennedy: Franck Underwood se fait tirer dessus, luttera entre la vie et la mort, une greffe de foie est la seule possibilité pour le faire revenir. Ce qui met en débat le port d'armes: face à la presse, en législation. Franck est sujet à des hallucination violentes: son organisme lutte comme il peut, depuis un lit d'hôpital, provoquant des attaques.

En même temps, Claire fait face à la maladie de sa mère, et au décès. Pendant que le journaliste, chargé à la base d'écrire un roman sur le couple Underwood, rôde et se rapproche de Claire Underwood: d'abord nommé pour écrire les discours, cela prendra une toute autre tournure... Franck sera-t-il dupe, comment peut-il réagir?


Les débats pour nommer la vice-présidence tourne en reality show. Les supporters sont survoltés, les représentants d'Etat donnent des points pour les 5 candidats en lice: la montée de Claire Underwood agace Catherine Durant, censée être assurée d'avoir le poste.

Pendant ce temps, Underwood et le Gouverneur se lancent des piques par presse interposée: menaces passées à la réalité sur des manipulations, des arrangements.


Relation avec la Russie, prise d'otage mettant en avant la Syrie: la géopolitique est menaçante. Les interlocuteurs veulent faire preuve de force, consolider le côté infaillible sur la scène internationale et face aux américains.


Une saison 4 beaucoup plus agressive: des démons ressurgissent, un tournant dans la campagne à la présidentielle, les affaires internes au pays... Des implosions sont sous-jacentes. Les images proprettes se fissurent. Les médias se jettent sur les informations comme des chiens sur un os.


Un côté pouvoir aux femmes. Claire Underwood prend une place beaucoup plus importante, et elle est de plus en plus sollicitée. Catherine Durant est en lice pour la vice présidence, tout comme Claire. La mère de Claire apparaît à de nombreuses reprises au début de la saison.


mercredi 8 novembre 2017

"Charlotte" de David Foenkinos

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitté pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une oeuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: "C'est toute ma vie". Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête.


Une enfance marquée par la disparition de sa mère, alors que Charlotte est très petite: elle attendra une lettre de sa mère, qui lui racontera comment ça se passe depuis l'au-delà, et le dur retour à la réalité. Puis la sphère qui éclate avec l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale: la famille qui commençait à se reconstruire va voir ses certitudes s'effondrer.

La mise en page est particulière: d'inspiration poème en forme de strophes, mais sans les rimes ni le découpage rythmique. L'histoire s'articule très bien comme cela, j'ai dû mal à l'imaginer autrement: il aurait eu fallu trouver une consistance autre. Ici, David Foenkinos va à l'essentiel, sans fioritures, épuré. Et les émotions sont là.

J'ai pris ce roman car le résumé m'a parlé: un destin tragique, une trame réelle. En feuilletant les pages, l'agencement m'a interpelé: un roman sous forme de strophes, les rimes en moins. Le lecteur ne peut rester insensible par cette histoire: le regard de nos jours sur un destin particulier. David Foenkinos trouve les mots justes pour décrire les sentiments, les rencontres, les paysages, les gens: il transcende cette vie dramatique. Un roman dramatique qui prend aux tripes.

dimanche 5 novembre 2017

"Hortense" de Jacques Expert

1993: Sophie Delalande est folle d'amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu'elle élève seule. Celle-ci lui permet d'oublier les rapports difficiles qu'elle entretient avec son ex-compagnon, Sylvain, un homme violent qui l'a abandonnée alors qu'elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense: "Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus."
2015: après des années de recherches vaines; Sophie ne s'est jamais remise de la disparition d'Hortense. Fonctionnaire au ministère de l'éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu'au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c'est sa fille, c'est Hortense. Elle la suit, l'observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, tente d'en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l'objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d'un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît?


Une femme qui fait un enfant dans le dos de son compagnon, alors qu'il exprime le désir d'attendre, est déjà louche mais après tout, cela arrive vraiment, donc pourquoi pas. Sylvain tente, quelques temps plus tard, de rattraper son erreur: il s'est enfuit avant l'accouchement, pris de remord Sylvain tente de nouer une relation avec sa fille biologique (non reconnue à la naissance pour le coup). L'enlèvement arrivera, plongeant Sophie dans un désarrois profond et durable.

La rencontre inopinée avec cette jeune femme, appelée Emmanuelle, qui peut parfaitement avoir l'âge d'Hortense, avec une ressemblance physique frappante avec ce qu'aurait pu devenir Hortense, bouscule alors la vie mortifiée de Sophie: ça y est, sa fille est de retour ! Sylvain aurait pu prendre des précautions: vérifier que Sophie habite toujours Paris, bien que la ville soit grande il suffit d'une escapade pour que la rencontre ait lieu. Ce qui peut paraître louche.

Est-ce qu'Emmanuelle n'a pas été briefée: se plonger dans le délire de Sophie, pour emmener cette dernière à prendre conscience de la situation réelle? Emmanuelle a-t-elle eu une ligne de conduite à respecter, pour gagner la confiance de Sophie, à tenir le coup jusqu'à ce que la psychologie de Sophie soit fin prête à voir la vérité? Une actrice, embauchée pour sa ressemblance avec la fillette (les simulations de vieillissements font des miracles), mise sur le chemin habituel de Sophie?

Jacques Expert laisse libre court quant à la théorie sur la rencontre entre Emmanuelle et Sophie, mais ce lien qui va se tisser s'avérera décisif pour Sophie: elle saura enfin ce qui est arrivé à sa fille et pourra enfin tourner la page. Le lecteur se doute que vingt-deux ans à tourner en rond autours de l'enlèvement d'Hortense laisse forcément des séquelles: toute personne ayant une ressemblance physique avec Hortense, peut raviver la faille.


Ma note: 4,5/5 j'aurais quand même apprécié savoir l'exact dénouement de cette soirée avec le soit disant enlèvement d'Hortense. L'épilogue précise que Sophie est reconnue comme pénalement irresponsable et internée.
Et si l'enlèvement d'Hortense n'avait jamais eu lieu? Sylvain a pu partir après une dispute violente, Sophie s'est mise en tête qu'il est parti avec Hortense, alors que l'envers du décors est tout autre... Comme un accident domestique: Sylvain n'a jamais été retrouvé (bien planqué car une part de responsabilité ou témoin gênant). Il est vrai que des enfants disparaissent sans être retrouvés...
A la fin du roman, il est question de "petite soeur": Sophie a-t-elle accouché de jumelles, dont une est née avec un problème de santé (Sophie a beaucoup trop couvé Hortense ce qui ne peut être anodin), et Sylvain est parti avec celle qui a le plus de chances de survivre et qui est délaissée (au bénéficie de la soeur malade avec faible durée de vie annoncée), pendant que Sophie s'activait autour de l'autre?