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Edito Août 2018

C'est au tour des aoûtiens de se déplacer sur les routes, en train ou en avion. A moins que vous ne partiez avec un sac sur le dos, à vélo ou à pied, pour un tourisme autrement. Le 15, férié, est un mercredi: cela donne l'occasion d'un week-end prolongé, ou de poser une semaine de congés. La culture est toujours là ! PAL et PAV 2018 vous donne toujours une idée des points forts à rattraper, ou à redécouvrir. Sans oublier les articles de temps en temps sur une lecture ou une série télé.

lundi 23 juillet 2018

"Holding the man" de Neil Armfield

Casting: Ryan Corr, Craig Scott, Guy Pearce, Anthony LaPaglia, Sarah Snook, Kerry Fox, Geoffrey Rush, Tom Hobbs

Milieu des années 1970, Tim et Jon se rencontrent. Quinze ans après, ils sont toujours ensemble. L'est est acteur en herbe, l'autre est capitaine de l'équipe de football. Mais leur amour va traverser bien des épreuves.


L'homosexualité dans une période puritaine et la montée du VIH: Tim et Jon vont devoir faire face à la désapprobation non cachée des parents ainsi que du corps enseignant (fortement religieux) et à l'apparition du VIH (avec notamment la question des poches de sang contaminées lors des dons). Contre vents et marées, ces adolescents ne vont pas lâcher prise. Adultes, ils pensent pouvoir souffler un peu, leur relation étant passée plutôt dans le décors, mais la vie va continuer de faire son oeuvre avec cette fois la maladie.


Le film est sorti en 2015 et revient sur la période 1970 / 1980 lors de l'explosion du sida, le regard d'une société très encrée dans les traditions. Encore aujourd'hui en 2018 le sida fait des ravages et l'homosexualité est passible de sanctions pénales dans certains pays tandis que dans d'autres les transgenres vivent sans problèmes.

Il couvre sans tabous la sexualité, le regard de rejet puis de résilience, le parcours médical, les aspirations de Tim et Jon, comment vivre après la perte d'un être cher auprès de qui nous nous sommes battus...


Ce film est une pépite. Quel que soit notre conviction par rapport au couple, ce film ne peut pas laisser indifférent.

// Pour les combats de Tim et Jon bien sûr, mais aussi pour les proches qui ne savent pas trop comment se comporter. Lors de la préparation des funérailles, le prêtre veut insister pour les présenter comme amis et non comme couple pour ne pas heurter les sensibilités, les parents qui rejettent leur enfant (c'est bien d'essayer des choses mais il ne faut pas que ça dure).

// Une musique qui n'en fait pas des tonnes et un casting sublime: les acteurs transcendent les joutes verbales, les silences, les piques "l'air de rien"... Les notes instrumentales soulignent les évènements sans écraser. Même la mort n'est pas écrasante, elle apparaît comme une délivrance sans être une fin en soi.


// Un message universel: nous ne voulons pas la peine autour de soi, juste vivre en harmonie avant tout avec soi-même. Tim et Jon sont prêts à claquer la porte de la famille pour assumer leurs choix qui vont à l'encontre d'une éthique dominante. Que l'on approuve ce choix, que cela nous indiffère, ou bien que l'on soutienne la démarche, nous avons avant tout un combat d'un couple.

// Comment avouer à l'autre ses sentiments, un couple se forme adolescent et est toujours vivant dans la vie adulte: des questions qui touchent tous les spectateurs: savoir se mettre à nu n'est pas une faiblesse, cela peut créer une belle histoire et l'histoire est ce qu'il y a à retenir, presque peu importe la fin, car ils ont rayonnés de leur vivant.


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