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Edito Novembre 2018

La fin d'année sonne à grands pas, dans moins de deux mois les fêtes sont là ! Un coup de froid s'abat sur le pays: un plaid, un thé, son chat et un bon livre ou une série télé. Continuons le sport, avec le bon équipement (Guillaume Néry / Teddy Riner / Rich Roll... vous trouverez bien un coach !).

dimanche 14 octobre 2018

"Mon yoga, ma détox, mes emmerdes" de Birgid Delaney

Jus pressés à froid, désintoxication au sucre, régime paléo, yoga bikram, pleine conscience... L'industrie du bien-être se porte comme un charme. Mais toutes ces techniques censées nous rendre heureux et en bonne santé fonctionnent-elles vraiment? C'est la question que s'est posée Brigid, journaliste au bout du rouleau mais prête à tout pour un peu plus de sérénité. Armée d'un courage sans faille, elle décide d'abandonner son train de vie, fait de repas festifs et de soirées parfois trop arrosées, pour tester sur elle-même toutes les méthodes en vogue. Après avoir survécu à une détox bien corsée de 101 jours, elle voyage dans le monde entier et se retrouve rapidement à vivre des situations loufoques, entre nettoyage du colon aux Philippines et thérapie de groupe en plein coeur du bush australien.


C'est la couverture et le titre qui ont attiré mon regard. Pratiquant le yoga (depuis septembre 2017: nous sommes en octobre 2018) et m'intéressant à l'alimentation (surtout pour renforcer mon système immunitaire pour passer l'hiver sans être trop souvent enrhumée par exemple), j'ai pris ce roman du comptoir et lu le résumé. Le bien-être est vendu à tours de bras: stages de yoga et/ou méditation, périodes de jeûnes... Alors je suis repartie avec ce roman.

Pour résumer le marché du bien-être : thé ayurvedique, régime paléo, yoga, retraite dans un monastère... Sans oublier la guerre au matières grasses et le sucre présent dans certains aliments, qui nous sont exposés dans les grandes surfaces. Tout est bon pour attirer le chaland (que ce soit le bon comme le mauvais).

Nous sommes bien loin de Mange Prie Aime d'Elisabeth Gilbert. Birgid, journaliste touristiques habituée aux repas frugaux et aux visites d'hôtels luxueux, prend conscience de certaines limites de son organisme. Elle se lance dans une quête du bien-être, et les offres sont présentes en grande quantité et dans des styles différents: détox, randonnées, thérapies de groupes, nettoyage du colon, massage des jambes... Chaque "promoteur" du bien-être avance des arguments tous aussi variés les uns des autres: nous nous attaquons à telle zone car elle est le centre d'amalgame de telle ou telle émotion, il faut lâcher prise, accéder à des traumatismes anciens pour les intégrer dans notre vie...

La détox: "effet secondaire très désagréable (personne délicates s'abstenir !) j'ai une épouvantable diarrhée", "fin du jeûne, aujourd'hui je dé-jeune". La mode des régimes, le puritanisme alimentaire: une forme de trouble alimentaire non seulement collectif mais aussi à l'échelle mondiale. Après plusieurs jours sans manger, la reprise alimentaire se fait avec un jour avec un demi concombre, puis le lendemain avec un oeuf, puis cinquante grammes de poulet poché. Mais avec "un haricot vert, une part de poisson de la taille d'un iPhone 5, un demi concombre, cinquante gramme de poulet poché, on peut à peine sortir de chez soi". Autant dire que la maîtrise de l'alimentation à ce degré là semble difficilement compatible avec une vie sociale.

Birgid passe alors au soin par la spiritualité. Les applications pour téléphone, disponibles à foison, coupe les individus d'eux-mêmes, quant aux réseaux sociaux (Facebook / Twitter / Instagram / Pinterest pour ne citer qu'eux) sont les lieux virtuels idéaux pour se faire constamment complimenter et approuver: en un sens, nous vivons pour et par le regard des autres. Virtuellement.
L'équilibre intérieur est un marché important. D'autant plus que nos rythmes de vie nous laisse peu de marge de manoeuvre pour se poser. Avec pour exemple dans ce roman la travailleuse qui doit avoir une assistante pour programmer des pauses pipi dans son emploi du temps. L'heure est au rendement et aux sollicitations constantes.

L'auteure souligne qu'en Australie, en 2016, un habitant sur dix de plus de quatorze ans pratique le yoga, alors qu'en 2008 nous parlons d'un individu sur vingt. Les retraites ont le vent en poupe, le nombre d'offres est toute aussi variée que la variété de formules: jeûne, méditation, travaux de groupe, rejoindre des moines... Et si l'équilibre partait d'abord de soi? Dans nos sociétés où rester assis à respirer, méditer est vu comme une perte de temps car nous sommes sollicités de toutes parts (repas de travail, soirées de lancement d'un produit, vernissage...). L'équilibre intérieur permet une meilleure aisance au travail, notamment lors des moments de rush ou de tensions avec les clients.

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