Sorties

Edito Décembre 2018

Merry Christmas and a happy new year: voici les sons qui vont résonner tout du long de ce mois de fêtes de fin d'année. Avec la PAL et PAV 2018, retrouvez les points forts culturels de l'année écoulée et peut être une idée ou deux pour un cadeau. Dernier édito de l'année 2018, rendez-vous en janvier 2019 pour un nouveau souffle culturel et éditorial !

dimanche 25 novembre 2018

"Les Tuche 2 - le rêve américain" d'Olivier Baroux

Casting: Isabelle Nanty, Jean-Paul Rouge, Claire Nadeau, Sarah Stern, Pierre Lottin, Théo Fernandez, Ken Samuels, Susan Almgren

A l'occasion de l'anniversaire de "coin-coin", le benjamin de la famille, la Famille Tuche part le retrouver aux Etats-Unis mais les choses ne vont pas se passer comme prévu...


Stéphanie est en couple avec un joueur de foot du PSG, qu'elle surprend en pleine affaire avec d'autres femmes: retour chez les parents. Wilfried en mode sapeur essaye toujours de sortir son premier album. Jeff Tuche est président d'honneur de l'entreprise, il râle parce que certains employés arrivent en avance au travail.


Pendant ce temps-là, "coin-coin" (Donald) s'est liée avec une fille de sa classe, dont les parents se veulent bilingues français-anglais. Les parents de Donald? Père chirurgien plastique et mère au foyer. Bien sûr. Sauf que Donald annonce qu'il ne rentrera pas en France à la date prévue, qu'il prolonge d'un mois son séjour, la famille décide d'aller aux Etats-Unis.


Pendant le vol, leçon d'anglais à coup de "bitch". A l'arrivée à l'aéroport, embarquement dans un camping-car. Pendant le road trip ils s'arrêtent sur la colline du générique de "La petite maison dans la prairie". Rodéo, saloon, concours du plus grand nombre de hot-dogs avalés: que ne faut-il pas faire pour payer les 932$ d'essence du camping car...


Vous voyez l'ambiance? Pareil que le premier film, taillé à l'américaine: quiproquos suite à la confrontation à une autre culture et à la barrière de la langue. Ils arrivent de la cambrousse avec leurs gros sabots, face aux américains et aux Indiens des Sioux (avec nuit en tippi).

Avec en plus des questions existentielle autours du fait d'être regardé autrement. Ne plus être regardée par son mari, obnubilé par le travail alors que jusque là son rêve était d'être chômeur professionnel. Voir des opportunités pour son album. Intégrer un groupe d'étudiant où l'on n'est pas obligé de prétendre être quelqu'un.


A voir: si vous avez déjà accroché à l'humour du premier film

A zapper: si le premier film vous a soulé

"L'appel du néant" de Maxime Chattam

Un homme retrouvé mort sur une voie ferrée, avec une cargaison de drogue non loin. Le corps a été nettoyé minutieusement, et déposé entre le passage de deux trains à dix minutes d'intervalle. Et ce n'est que le début d'une longue enquête sinueuse.


Maxime Chattam plonge les enquêteurs, et le lecteur, dans la radicalisation et les trafics de drogue. Comment un individu peut-il passer inaperçu aux radars de la sécurité? Comment s'organise un groupe sans laisser de trace évidente? Comment traquer un téléphone prépayé, sans nom client attribué? L'étude du dark net va beaucoup aider mais cela peut aussi bien ralentir les enquêteurs: messages codés, pseudos... Ainsi que des bornages téléphoniques, mais encore faut-il avoir une base de recherche. Et les vidéosurveillances, dont les suspects se cachant grâce à des casquettes. Sans oublier des cas, aux modes opératoires proches, mais qui ont été classés sans suite faute de preuves probantes.

Il n'est pas oublié les techniques d'analyses: ADN, crâne, fibres... Sur fond de nouvelles techniques, encore en rodage. Mais aussi plusieurs commandes, dans une ferme, pour des produits chimiques alors que le locataire affirme vouloir préparer son prochain album de rock...

Un roman assez intense, où personne ne sait vraiment où chercher mais lorsque des indices apparaissent, il faut savoir parfois regarder dans l'autre direction: démêler le "trop évident" / "fausses pistes" avec ce que le (ou les) meurtrier cherche réellement à dissimuler.

mercredi 21 novembre 2018

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, saison 1

Casting: Patrick Dempsey, Ben Schnetzer, Kristine Froseth, Damon Wayans Jr, Virginia Madsen, Colm Feore, Joshua Close

New York, printemps 2008. Marcus Goldman a publié son premier roman, qui connait un succès fulgurant, mais n'a rien écrit depuis un an et la date butoir du second roman approche. Son ami et professeur d'Université, Harry Québert, est alors rattrapé par son passé: il se retrouve accusé d'avoir assassiné Nola Kellergan en 1975, jeune fille avec qui il avait eu une liaison alors qu'elle n'avait que 15ans au moment de leur rencontre... Trente trois ans se sont écoulés. Marcus plaque tout et se rend dans le New Hampshire, à Sommerdale, et se lance dans son enquête.


Basé sur le roman de Joel Dicker, voici un jeune premier face à un dinosaure. Le jeune écrivain propulsé sur la scène grâce à un roman, en panne sèche pour la suite. Le professeur d'Université dont le roman "Les sources du mal" a fait parlé de lui, qui continue d'enseigner.

Une bourgade en bord de mer, une maison isolée dans la forêt avec une plage à perte de vue, une voisine qui remarque une jeune femme en robe rouge poursuivie par un homme dans les bois, le restaurant de la ville, le pêcheur au bord du lac...


Episode 1: Mona et Harry se rencontrent sur la plage, il pleut. Des affiches "Missing" avec la photo de Mona. Des mois s'écoulent. Harry se pose, Marcus tente d'écrire son second roman. Les informations tournent en boucle: des ossements ont été mis à nu sur la propriété de l'écrivain Harry Québert et ils correspondraient à Mona... Marcus file à Goose Crove.


Episode 2: Marcus rend visite à Harry alors que ce dernier est sous les verrous. Il cherche à en savoir plus sur cette relation entre ce professeur et cette adolescente. Flash back: elle travaille chez Clark's Diner les samedis, elle a emprunté le roman de Québert à la bibliothèque, tomber à la renverse avec un plateau plein de nourriture, briefing à l'équipe de serveuses quant au traitement envers Harry Québert, il a payé un éditeur avec ses propres deniers pour se faire publier... Premier message menaçant accroché sur Goose Crove.


Episode 3: la boîte métallique pour nourrir les mouettes fait son apparition. Nola ment à son père: il la croit en mer avec des amis alors qu'elle est avec Harry. Les parents de Jenny s'imaginent leur fille en tant que future femme d'Harry Québert. Le pasteur aimerait bien rallier l'écrivain dans la congrégation. Harry essaye de repousser gentiment Nola.

Episode 4: Nola est à la plage, son amie constate des bleus sur le corps: "c'est ma mère qui me frappe". Elle fréquentait Harry mais un autre homme, à la même période. Le Sergent prend connaissance de certaines lettres reçues par Harry à l'époque de la disparition de Nola. A la maison, Nola et sa mère ont une confrontation violente, Nola se fait trainer sur le sol par les cheveux et se fait frapper; son père s'enferme dans le garage et met la musique à fond.


La trame des premiers épisodes est très fidèle au roman. La spirale qui happe les personnages, la nostalgie, la plongée dans les souvenirs, l'incompréhension des ossements dans le jardin, l'amitié naissante entre Harry Québert et Marcus, la salle de boxe... Marcus qui se fait remarquer en cours en faisant remarquer qu'une gâterie, comme l'affaire Bill Clinton et Monica Lewinsky. Une fidélité au roman qui est excellente. Le puzzle est là, les points essentiels sont là. Sans avoir lu le roman, vous pouvez suivre l'histoire car vous découvrez les éléments petit à petit, aucune étape n'est brûlée.


Une musique dominée par des mélodies de piano. Un côté léger mêlé à de la mélancolie dramatique. Le tonnerre gronde, le bruit de la mer et des mouettes. Le feu crépite dans la cheminée. Nous pourrions presque sentir l'air iodé. Une atmosphère adaptée à l'histoire.

lundi 12 novembre 2018

"Margin Call" de J.C Chandor

Casting: Kevin Spacey, Demi Moore, Paul Bettany, Jeremy Irons, Zachary Quinto, Penn Badgley, Simon Baker, Mary McDonnell, Stanley Tucci

La dernière nuit d'une équipe de traders, déjà réduite par des ruptures de contrats sans ménagements, avant le crash total. Tout ça à cause d'un algorithme périmé... 


Eric Dale fait partie de la première coupe d'effectif. Avant de partir, il donne une clef USB à un collègue: un dossier qu'Eric n'a pas réussi à boucler, mais il y a anguille sous roche il en est sûr. Et pas une petite anguille: le système boursier est dépassé. Will, Peter et Seth apportent un dossier dont les calculs et les perspectives sont rapidement confirmées par le Bureau... Que faire? Vendre le cadeau empoisonné, qui à ruiner des gens.


Nuit blanche, caféine à très haute dose, convocation de l'équipe à 6h30 du matin: quand il faut mettre en place un plan d'action et passer à l'action, il n'y a pas de temps à perdre. D'autant plus qu'il ne faut pas que les acheteurs aient le temps de dire ouf, ni que le scandale éclate trop tôt et ainsi empêcher les ventes.


Un mélange d'analyses de data face à certains employés complètement largués: une première analyse avec les chiffres et le jargon financier, une seconde en langage simpliste. Ce qui fait que tout le monde peut suivre à un moment ou à un autre.

L'humain n'a pas sa place, à part pour brasser des millions et participer à l'action d'auto-destruction. Vous voulez démissionner, parfais, par contre vous dites adieu aux primes, au maintien de salaire, stock option, assurance maladie. Par contre vous restez deux ans de plus pour assurer le moment tampon le temps que tout se tasse, et là nous pourrons en reparler.


A voir: pour une course à l'échalote où tu sais que tu perdras ton poste à la fin de la vente de gros

A zapper: 2 jours et une nuit blanche et tout le monde a le cerveau qui carbure toujours à cent à l'heure

"Réparer les vivants" de Maylis De Kerangal

"Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps". Le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quater heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.


A partir du moment où l'individu n'est pas inscrit au registre des refus de dons d'organes, il y a consentement. Mais à dix-neuf ans, peut-on savoir si l'on est pour ou contre? En quoi la générosité, du vivant de l'individu, a un rapport avec le don d'organes? Être croyant (résurrection ici évoquée) peut faire barrage au don. Maylis De Kerangal apporte ici des pistes de réflexion, pose le cas de parents devant sceller le sort du corps de leur fils. Nous sommes dans un sujet qui touche tout le monde.

Nous n'avons pas de dialogue mettant en place une réflexion autour de Simon. Le père ne pose pas plus de questions sur l'accident de la route, comment madame tient le coup depuis l'annonce de la nouvelle, quelles sont les remarques qui fusent dans la tête du père. Nous ne savons pas les sentiments des survivants de l'accident.
Nous savons quels organes seront prélevés, le registre national refus / acceptation mais nous ne savons pas pourquoi ces organes là plus que d'autres: comme la mère fait la remarque "ah les yeux ne sont pas prélevés", la réponse est "non" et point à la ligne. Le lecteur est confronté cependant au transfert des organes, sans tomber dans du médical incompréhensible.

Il n'y a pas de séparation entre les réflexions (personnelles et dialogues parlés entre les médecins / les familles des patients / les familles entres elles). "Elle s'approche du comptoir, se penche par-dessus le zinc, elle a soif, ne veut pas attendre, y a quelqu'un? Un type surgit de la cuisine". Etablir un échange, avec des personnages qui ont des questions, des points de vue devient forcément peu clair et peu envisageable. Nous avons une masse de texte. Ce qui est dommage car l'histoire est magnifique.

Ce style d'écriture, entre absence de dialogue, faire face à un bloc de texte compacte, fait que le lecteur n'est pas impliqué dans l'action: nous ne prenons pas part au débat, nous ne pouvons pas être touché par le drame. Sans oublier certaines phrases qui s'étalent sur une dizaine de lignes, à ne plus trop se souvenir du point de départ une fois arrivé au point.

"The open house" de Suzanne Coote et Matt Angel

Casting: Dylan Minnette, Piercey Dalton, Sharif Atkins, Aaron Abrams, Patricia Bethune, Leigh Parker

Suite à un drame familial, une mère et son fils emménagent dans une maison, dans les montagnes. Mais rapidement des phénomènes inexpliqués surgissent... Paranormal ou intervention humaine malveillante?


Logan est voué à une carrière dans l'athlétisme. Des parents au bord de l'implosion mais qui tentent de gérer la situation avec dignité, en épargnant Logan. Jusqu'à ce soir là, sur le parking de la supérette: père et fils devaient acheter du lait et des oeufs, seul le fils reviendra...

A eux deux, Naomi et Logan ne peuvent rester dans leur maison. La soeur de Naomi propose de loger quelques temps dans la maison montagnarde, le temps de se retaper un peu. Dès leur arrivée, l'étrange voisine Martha et le sympathique Chris vont rapidement devenir les plus proches personnes aux alentours. Ce n'est sans compter sur la maison, qui n'a pas dit son dernier mot...


La base du film Les autres avec l'isolement et l'apparition inopinée de gens, sur fond de Paranormal Activity pour des appels anonymes, des grincements, des chants de Noël surgissant de nul part, un sous-sol où semble venir des murmures, des portes qui se ferment toutes seules... Les poltergeist en moins.

La musique se prête parfaitement au film. Des roulements telluriques avec des cordes et en fait il y a juste la voisine qui apporte un cake à la banane. Puis un souffle d'air et une vision. Le rythme est pour le coup perturbant car souvent en décalage. Mais parfois il y a bien l'annonce d'un évènement bizarre.


A voir: pour une ambiance oppressante sans clichés de poltergeist (la limite entre le réel, la paranoïa et le paranormal est assez fine)

A zapper: si vous ne voulez pas devenir insomniaque

samedi 10 novembre 2018

"The cloverfield paradox" de Julius Onah

Casting: Zang Ziyi, Elizabeth Debicki, Gugu Mbatha-Raw, David Oyelowo, Daniel Brühl, John Ortiz, Chris O'Dowd, Aksel Hennie

Après un accident avec un accélérateur de particules, une station spatiale découvre que la Terre a disparu. A moins que ce ne soit eux qui aient disparus...? Les résidents de la station vont être confrontés à une étrange présence: une autre station spatiale, toute proche de leur position.


Les énergies sur terre sont soumises à restriction, d'ici à cinq ans il n'y aura plus du tout de source d'énergie. Les coupures d'électricité sont régulières. Une station spatiale tente de trouver une source inépuisable d'énergie et ainsi sauver les populations. Sauf qu'au bout de deux ans et plus de 140 essais, il n'y a toujours aucun résultat probant... Jusqu'à ce énième essai, où l'énergie semble enfin stabilisé, jusqu'à un certain point de rupture, projetant la navette spatiale ailleurs... Et voici une nouvelle passagère, qui semble connaître tout le monde, alors que personne de l'équipage ne la connaît. Ce n'est que le début !


Les langues alternent entre l'anglais et le chinois. Nous découvrons en même temps que les passagers, le phénomène du paradoxe de Cloverfield : différentes dimensions temporelles qui interagissent entre elles, et s'implantent. D'où l'apparition Jensen, un bras aspiré par un mur ou encore le fait que la station ait été déplacée. Nous découvrons les flash informations depuis la navette spatiale, mais aussi des images depuis la terre.


Le problème temporel est flagrant: dans la navette ils ont l'impression de vivre une semaine, alors que sur Terre il s'est passé 14 mois. Les informations sont contradictoire: dans une dimension une famille est morte, alors que dans l'autre tout le monde est encore en vie. Ce qui perturbe tout le monde, mais ils arrivent à garder la tête froide du mieux possible.


A voir: pour un phénomène scientifique logiquement expliqué sans tomber dans des démarches barbantes

A zapper: si le coup des interactions spatio-temporelles ce n'est pas votre tasse de thé (ou de café)

vendredi 9 novembre 2018

« Foutez-vous la paix et commencez à vivre » de Fabrice Midal

Cessez d’obéir, vous êtes intelligent - Cessez d’être calme, soyez en paix - Cessez de vouloir être parfait, acceptez les intempéries - Cessez de rationaliser, laissez faire - Cessez de vous comparer, soyez vous-même - Cessez d’avoir hôte de vous, soyez vulnérable - Cessez de vous torturer, devenez votre meilleur ami - Cessez de vouloir aimer, soyez bienveillant 


Déshumanisation au travail au bénéfice de la rentabilité. Formation qui nous fait ingérer puis recracher les mêmes notions pour tout le monde. « Think different » dit Apple, qui vend les mêmes  produits partout dans le monde. Et si nous nous autorisions à relâcher les barrières qui sont imposées pour se sentir bien, ou en tout cas mieux? Certes les normes sont nécessaires mais dans certains points nous pouvons prendre du recul, accepter les émotions qui nous traversent, plutôt que de tout le temps afficher un masque lisse. En tant qu’être humain nous avons des passages en mer calme et parfois des tempêtes.

Comme l’écrit Fabrice Vidal, « je sais me torturer moi-même »: il n’est pas nécessaire de rajouter un carcan. Nous faisons face à un ordre mais nous finissons par obéir de mauvaise grâce. Les proches ont des projets pour soi. Au final, comme l’a couché sur papier l’auteur, nous sommes « une cocotte-minute prête à imploser ». Prenons le courage d’affirmer vouloir faire quelque chose qui plait à soi et ainsi s’épanouir, affirmer le fait d’être unique car à moins d’être « un psychopathe ou mort » nous avons des envies et des émotions. Il n’y a pas mille échec mais mille façon d’arriver à son objectif. Tolérons-nous en tant qu’individu plutôt que comme machine sur pattes. Votre vécu, vos expériences vont vous faire sentir bien à condition d’au moins les tolérer.

Fabrice Vidal pose des questions justes. Le conseiller d’orientation propose une voie  A et une voie B, mais si vous voulez passer par T puis R pour arriver à votre point personnel et à 15ans pensez-vous vraiment savoir ce que vous voulez ? Pourquoi ne pas faire un BTS ventes puis une licence en restauration (pour synthétiser)? Qu’est-ce qui fait dire vos parents que vous voulez reprendre absolument l’affaire familiale? Les bulletins « peut mieux faire » mais faire mieux que quoi? Pourquoi est-ce qu’on s’autoflagelle alors que nous somm bienveillant envers nos amis?

"Master & Commander: de l'autre côté du monde" de Peter Weir

Casting: Russel Crowe, Paul Bettany, Billy Boyd, James D'Arcy, Lee Ingleby, Georges Innes, Mark Lewis Jones, Chris Larkin

1805, ère napoléonienne. Le capitaine Jack Aubrey est une des figures les plus emblématiques de la Marine Royale Britannique. Le Docteur Stephen Maturin est son opposé de tempérament: chirurgien, chercheur, naturaliste passionné. Leur point commun: la musique classique. Attaqué par le navire français Achéron, le Surprise est gravement endommagé et perd une bonne partie de son équipage. Sourd aux conseils de prudence, obstiné, Jack se lance à la poursuite de l'ennemi, peu importe le prix à payer. Du Brésil aux Galapagos, en passant par le Cap Horn, la quête tourne à l'obsession...


L'Achéron est le type de navire à la pointe de la marine: le design de la coque permet de limiter les dégâts lors d'attaques, le tirant d'eau est différent, la voilure importante provoquant une vitesse plus rapide que les autres navires... Le rêve d'en devenir capitaine et de trouver le point faible car tout navire a forcément un point faible.

Cette soif maritime aura plusieurs obstacles. Et le plus évident: s'emparer de l'Archéon. La grogne de son ami Stephen aura-t-elle raison de l'entêtement de Jack? Il est un très bon capitaine de frégate, ce qui est indéniable, mais jusqu'où aller et quand s'arrêter? La navigation est l'occasion idéale pour Stephen d'étudier la faune et la flore rencontrée au gré des territoires: pourra-t-il mener à bien ses études?


Un film bourré de testostérone: l'équipage est exclusivement masculin, il rencontre d'autres équipages uniquement masculins, les seules femmes qui s'approchent du navire sont lors du ravitaillement au Brésil. La terre ferme est très peu présente: d'où la présence de poules et briquettes à bord, il faut bien se nourrir ! Quelques produits frais sont récupérés lors d'escales très courtes.


A voir: pour un film qui mêle action, environnement et stratégie maritime bien loin des pirates de Pirates des Caraïbes

A zapper: si vous préférez l'humour pirate arrosé au rhum de Pirates des Caraïbes

mercredi 7 novembre 2018

"Agatha Raisin enquête (3): pas de pot pour la jardinière" de M.C. Beaton

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme un triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ses petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale.


Elle a le don de se fourrer dans des situations pas possible et à mettre son nez où il ne faut pas (alors qu’on lui dit de rester dans son coin). Elle? Agatha Raisin ! Après une quiche (achetée chez un traiteur pour un concour fait maison) et s’être intéressée à un vétérinaire (un peu trop charmeur), la voici à se fournir en plante dans une pépinière pour le concours des jardins (travaillés à sa dure labeur et patience). Agatha va tout de même y mettre de la volonté en s’inscrivant au groupe d’horticulture présidée par la nouvelle habitante : Mary Fortune (qui flirte sans se cacher avec James).

Enquête, ragots et végétaux : le trop de ce troisième roman des aventures d’Agatha Raisin. Une maison semble vouée à la violence, mais pas de quoi inquiéter le village. À part qui peut s’en prendre aux habitants et les potins sur le prochain événement qui animera le village (tombola? Emmener des personnes âgées au  bord de la mer?...). Mais des saccages de plantes et l’arrivée de la fille de Mary vont boulverser le rythme plaisible de la campagne anglaise.

Les relations restent constantes, avec les hauts et les bas. Les cancans, le pub, le nouveau restaurant qui a ouvert quelques jours auparavant... Chacun avec ses propres susceptibilités et envies d’accomplissements. Agatha Raisin n’est pas l’enquêteice au cerveau carburant à 200 à l’heure. La vie est tranquille jusqu’au drame. Un endroit où tout lecteur pourrait s’imaginer être, tout le monde pourrait être le voisin et nous pourrions être l’enquêteur.

House of Cards, saison 6

Casting: Robin Wright, Michael Kelly, Diane Lane, Patricia Clarkson, Campbell Scott, Boris McGiver, Derek Cecil, Greg Kinnea, Cody Fern, Jayne Atkinson, Lars Mikkelsen, Constance Zimmer

Cette sixième saison compte huit épisodes de 50 minutes environ. Nous démarrons à la Maison Blanche, Claire Underwood étudie avec son cabinet les différentes menaces écrites sur les réseaux sociaux. Franck Underwood est décédé, Doug Stamper est en centre psychiatrique pour avoir avoué le meurtre de Franck. Nous sommes cent jour après sa prise de pouvoir, Claire et Franck allaient fêter 30ans de mariage.


Hors de question d'annuler la fête nationale. Quelques piques: incroyable la loyauté de Claire au parti,  un dossier au Nevada sur lequel Franck travaillait avec Claire dans l'ombre. Retravailler les discours. "J'avais un accord avec Franck" sauf que Franck est mort, "il m'avait fait une promesse" que Claire n'a pas faite: elle donne le ton, c'est elle aux commandes, ce qui a pu se dire avec Franck est enterré avec lui, maintenant de nouveaux accords sont à trouver. Avez-vous un plan qui ne nous fera pas tous tuer: "M'auriez-vous posé la question si j'avais été un homme?".


Comme les saisons précédentes, nous avons des appartés. Neuf tentatives d'assassinats de président, quatre ont réussis: un signe de respect d'après Claire. Visite d'une usine ayant une fuite et état d'urgence déclarée, inquiétude autour de l'état de santé de Doug Stamper, les débats politiques télévisés autour de l'aubaine de la mort de Franck Underwood, une stagiaire patauge à sa première conférence de presse...

Des cadavres de saisons passées servent d’arguments de pression. Certaines personnes sont refroidies pour des besoin de stratégies. Et une grossesse apparaît. Le cycle de vie en politique est plus négatif que positif.


Une saison assez féministe. Claire vire tout son cabinet et y plante seulement des femmes. La femme de Monsieur affirme la ligne de conduite à adopter. Sans oublier une grossesse tout en restant à son poste, jusqu'à la limite de l'accouchement.

samedi 3 novembre 2018

"Out of Africa (souvenirs d'Afrique)" de Sydney Pollack

Casting: Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen, Malick Bowens, Joseph Thiaka, Michael Goug

Suite à une déception amoureuse, la danoise Karen décide de se marier et de s'embarquer pour l'Afrique. Très vite délaissée par son mari, elle se consacre corps et âme à la culture des caféiers et fait figure de pionnière. Son amitié pour Denys se transformera en amour...


Un mariage entre une danoise et un suédois, expatriés en Afrique. Kikuyu, Massaï, chef de village, Kilimandjaro, exploitation de café au lieu de vaches laitières, syphilis, raconter des histoires: la vie est rythmée de contradictions, d'envies, de rencontres avec la faune et flore locale...


Arrivée dans la savane elle rêve du Danemark, elle tente de prendre ses marques. Karen rentre au Danemark pour se soigner de la syphilis, pays où elle se sent étrangère alors qu'il s'agit de son pays natal, lieu d'où Karen rêve des paysages africains.


De très bonnes répliques, avec des pointes d'humour: "vous savez ce que c'est que la porcelaine? // oui ça casse" ou encore "Je crois que vous devez vous lever Dieu arrive". Ce sont aussi des conversations sérieuses: faut-il lancer l'exploitation de café, comment faire face aux animaux sauvages, se soigner. Il y a des cours d'anglais aux enfants du coin, apprendre quelques rudiments d'africain. Trouver sa place en tant que femme à poigne. L'arrivée des voitures, le sonophone.


Se retrouver en rade au milieu d'un troupeau de gnous. Faire face à une lionne, désarmée. Convoyer des produits médicaux pour un campement. Diffuser de la musique classique et attirer les singes.  Partir en safari.

Manier un pistolet. Dormir dans une tente alors qu'à la maison il y a la moustiquaire. Le mariage, le désenchantement, l'amant: la tête et le coeur, sauver le couple ou non. D'ici le temps de trancher les amours: les affaires doivent être menées et ainsi que la vie avec les tribus.


Les paysages sont superbes. L'histoire est très bien menée: savoir ce que l'on veut, trouver l'équilibre entre soi-même et ce que l'on attend de vous, trancher pour un homme plutôt qu'un autre, se laisser aller à la rêverie et revenir à la réalité, en quoi l'éducation apporterait du mieux dans le vies...

Le film dure tout de même 2h40 autour de trouver sa place et se trouver, face à certains changements technologiques. Une certaine certitude, quant à la vie sur ce continent, apparaît: mais peut-on vraiment tourner le dos à son pays d'origine, surtout lorsque le style de vie ailleurs est basée sur ses origines?


Nous sommes loin des personnages propres sur eux. Karen a souvent les cheveux en bataille et visiblement ne connait pas l'après-schampoing. Denys transpire. Le shampooing se fait au bord de la rivière.

Nous entendons les grillons. Les lions grognent. Les singes piaillent. Le chien aboie. Le feu de bois crépite. La nuit n'est pas suréclairée: le rendu est assez naturel. Nous avons de la vie comme si nous y étions.


A voir: pour des histoires qui se tissent en prenant le temps, pour les paysages

A zapper: si 2h40 de film est trop long

"Le pouvoir du moment présent" d'Eckhart Tolle

Son enseignement simple et néanmoins profond a aidé des millions de gens à travers le monde à trouver la paix intérieure et à se sentir plus épanoui dans leur vie. Au coeur de cet enseignement se trouve la transformation de la conscience: en vivant dans l'instant présent, nous transcendons notre ego et accédons à "un état de grâce, de légèreté et de bien-être".


Balivernes mentales, pensées compulsives, bavardage intérieur: notre cerveau est tout le temps sollicité. Sans oublier l'impact des personnes, autour de soi, qui peuvent nous influencer et qui cherchent à nous influencer. C'est aussi des gestes que nous réalisons machinalement: vous êtes-vous déjà demandé "est-ce que j'ai bien rangé les clefs...?" ou bien "pourquoi je rentre dans cette salle déjà?...": vous n'êtes pas ancré dans l'action, du coup vous ne savez pas si ce geste banal de ranger des clefs a été fait, ou bien pourquoi vous vous êtes mis en mouvement vers un endroit.

Les pensées sont là. Comme l'a noté Descartes: "je pense donc je suis". Nos pensées nous définissent-elles, dans quelle mesure? Elles sont toujours présentes, et nous les jugeons. Et elles reviennent sur des remarques, évènements, qui ont pu se passer il y a des jours, semaines, mois ou années de cela et définissent des émotions qui bloquent l'individus en question: faire la paix, pardonner. Mais à penser tout le temps, comment pouvons-nous être ici-présent, ancré dans le présent? Nous sommes dans le passé ou à projeter le futur qui pourrait être meilleur (mais sans certitude).

Eckhart Tolle aborde ici des points de tous les jours. Le cycle bipolaire entre haine et amour, la dépendance à l'amour (ou à l'autre en général: être approuvé, soutenu) comme à une drogue: pouvez-vous attendre de l'autre qu'il donne l'accès au bonheur, est-ce raisonnable d'attendre le bonheur avec l'impulsion des autres, comment pouvez-vous aimer quelqu'un puis le haïr... Et si la joie venait de l'extérieur et non pas de l'intérieur, ou de l'intérieur et non pas de l'extérieur? Rien n'est intrinsèque: nous ne contrôlons rien?

Exercer une emprise sur quelqu'un: la faiblesse déguisée en force. Déjà le fait de créer une emprise sur quelqu'un, et ensuite ce quelqu'un se laisse impacté: dans ce scénario, il y a deux personnes, qui entrent dans cette dynamique. Pourquoi se laisser dominer? Pourquoi vouloir dominer? Le travail sur soi éviterait cette spirale, et permettrait de comprendre pourquoi nous sommes d'un côté ou de l'autre.

Il n'y a pas de situation positive ou négative. La mort, la maladie, un accident sont certes des difficultés. Mais nous pouvons être en paix face à un évènement qui survient. Il y a la mémoire collective: cela nous définit-il ou pouvons nous vivre sereinement face à cela? Nous jugeons un élément comme positif ou négatif, nous donnons un jugement de valeur à une action, passée ou présente, ce qui donne une emprise de cette action sur notre psychisme et après coup nous entrons dans un cercle plus ou moins vertueux définissant un équilibre mental: une brèche ou une force, que quelqu'un peut vouloir prendre à son avantage et prendre le dessus. Nous provoquons des rapports aux gens, qui sont à un avantage pour un parti, en fonction de ce que nous avons évalué.

Notre présence maintenant, dans un état mental stable, ne vient pas de l'extérieur: nous ne dépendons pas des autres, nous donnons de l'importance au regard des autres et aux autres tout court dans nos émotions. Nous projetons sur les autres nos propres besoins: lorsque la personne n'est plus en adéquation avec ce désir, nous nous montrons agressif, et l'interlocuteur réplique, ainsi de suite. Les obstacles ne sont pas acceptés: question de productivité, de non tolérance, mais qu'est ce que cela peut faire, réellement? A part prendre quelques minutes de plus?

En quoi klaxonner dans les bouchons fera avancer la situation plus vite? En quoi soupirer fera avancer la personne devant soi, à la caisse, plus vite? En quoi cette impatience apporte de l'eau au moulin? A part agacer les autres et s'énerver soi-même: à quoi sert cette énergie, qui pourrait être utilisée autrement?

Il y a des cycles de réussites et des cycles d'échecs: rien ne peut croître constamment. Au lieu de vous identifier aux problèmes rencontrés, ou aux réussites: acceptez les évènements tels qu'ils sont. Ne nourrissez pas l'ego.