Sorties

Edito Mai 2019

Voici Mai fait ce qu’il te plait ! La météo de ce début du mois de Mai n'est pas si beau que cela, idéal pour rester au chaud à lire et regarder des films. Nous le phénomène annuel du festival de Cannes du 14 au 25: quel sera le cru de cette année ? Le 8 nous aurons un troisième Hellboy, dont les deux premières aventures remontent à 2004 et 2008. Pikachu devient détective au cinéma.

lundi 25 février 2019

The umbrella academy, saison 1

Casting: Juno Temple, Robert Sheehan, Tom Hopper, Emmy Raver-Lampman, Mary J. Blige, David Castaneda, Aidan Gallagher, Cameron Britton, Adam Godley, John Magaro

1989: le même jour, quarante-trois naissances de femmes qui n'étaient pas enceintes et que rien ne relie. Sir Regnilad Hargreeves, industriel milliardaire, adopte sept de ces bébés et fonde The Umbrella Academy pour les préparer à sauver le monde mais cela ne va pas exactement se passer comme prévu... Devenus adolescents, la famille se désagrège: les six membres en vie se retrouvent à l'occasion du décès du patriarche. Luther, Diego, Allison, Klaus, Vanya et Numéro Cinq vont tenter de travailler ensemble pour résoudre la mort douteuse du père.


Des naissances et accouchements express: une femme au ventre plat saute dans une piscine et refait surface en plein travail. Cela donne déjà le ton de cette série: du très bizarre. Et ce milliardaire se pointe comme par hasard pour sélectionner les meilleurs éléments: qui sont forcément aussi bizarre que leur naissance. Enfin, bizarre: ils ont des pouvoirs. L'Academy va leur permettre de se préparer à l'Apocalypse et à contrôler leurs capacités paranormales.


La Commission va mettre son grain dans le système car l'un des membre de cette famille a mis son nez là où il ne fallait pas. Sans oublier une mission dont le père n'a jamais jeté un oeil, une soeur mise de côté soit-disant sans pouvoirs alors qu'elle en a. Un homme qui fera tout pour détruire la famille ayant brisé ses rêves.


Plus la date butoir approche, plus la famille essaye de tenir la barre et plus tout se fissure. Chacun a ses propres doutes, des règlements de comptes sur des actes de l'enfance... Des secrets de famille finissent par ressurgir et quand on a une spécialité paranormale: la réconciliation passe rarement par le dialogue, c'est plutôt explosif quitte à détruire la maison. Et pourtant, nous avons envie de croire à une communion du groupe malgré tout ce qui a pu se passer car il y a quelque chose de plus fort que soi, qu'eux tous.


Nous ne sommes pas dans une ambiance The X-Files avec du paranormal venu d'on ne sait pas trop où et que nous ne pouvons pas vraiment apprécier. Ici, nous voyons chacun utiliser ses particularités avec les contradictions que cela entraîne.

Pendant des années, certains vont voir leur capacité comme un fardeau sur leurs épaules à vouloir faire leurs preuves, tandis d'autres vont se persuader d'être ordinaire et vivre plutôt pleinement leur vie. En fait, qu'est-ce qu'avoir des spécialités hors normes?


Une excellente musique. Chaque épisode a comme une ligne musicale unique, avec un certain entrain. Les thèmes musicaux mettent en avant un état d'esprit général. Et cela assure les transitions entre les scènes bien sûr, sans oublier de souligner les problèmes à l'approche évidemment.


A voir: pour un marasme familial flanqué de paranormal dans lequel les personnages rappellent une période de sa propre vie, pour une fois que la catastrophe ne vient pas de la nature (San Andreas / Black Storm et j'en passe la liste est longue)

A zapper: si le coup du singe rappelle trop La Planète Des Singes pour avoir sa place dans cette série (autant voir La planète des singes)

dimanche 24 février 2019

La grande aventure Lego 2

Sorti au cinéma le 20 Février 2019

Les habitants de Bricksburg coulent des jours heureux depuis cinq ans, mais une nouvelle menace arrive: des envahisseurs Lego Duplo, venus des confins de l'espace, détruisent tout sur leur passage ! Emmet, Lucy, Batman et leurs amis devront explorer les confins lointains de la galaxie. Ils découvriront une étrange constellation où chaque situation est une comédie musicale !


Le premier opus La grande aventure Lego remonte à février 2014, entre temps il y a eu Lego Batman Le Film en février 2017 et Lego Ninjago le film en octobre 2017. Pour les AFOL (Adult Fan Of Lego ndlr), vous avez peut être poussé l'expérience encore plus loin en visitant Billund au Danemark qui propose la LegoHouse et le parc à thème Legoland.


Dans ce nouveau film, Emmett trouve toujours tout super génial, et ce, malgré les attaques répétées des Duplo et l'ambiance morose et agressive de la ville. L'enlèvement de ses amis va alors le faire se questionner... La rencontre avec les survoltés Duplo, chacun va changer de vision.

En même temps, un frère et sa soeur jouent avec leurs figurines mais leur enthousiasme exaspère les parents: sujet de disputes, les figurines vont exorciser les tensions fratricides. Les briques vont-elles apaiser la famille? Ou l'avancée vers l'adolescence sera radicale?


Un film qui est indépendant du premier opus, qui joue surtout sur des références de films et séries télévisées : Bruce Willis dans les canalisations et Game of Thrones sont notamment présents. Le grand public appréciera très certainement ces références.

Un film qui fait réfléchir sur sa part d'enfant en soi, grandir et reléguer ses jouets dans une boîte sous un meuble. Le jeu est interaction pour soulager des tensions, établir un dialogue au travers de figurines qui sont comme une extension de soi.


Comment accueillir l'autre qui semble vraiment, avec sa sincérité pure, venir en paix juste pour s'amuser avec d'autres individus. Se donner un style de guerrier, dur à cuir, à se teinter les cheveux pour coller au personnage: ce se sera un rempart pour créer un contact et nous voudrions que l'individu, avec toujours son côté positif, change pour embrasser la maturité car "il est temps" et "l'heure est grave on ne peut pas être joyeux".


A voir: pour les petits et grands enfants (prenons en compte l'âge mental), si vous adorez créer des univers Lego tout autant que de voir sur grand écran

A zapper: si vous préférez jouer au Lego, si vous n'appréciez pas les briques


"Carnets noirs" de Stephen King

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s'emparer de sa fortune, mais, surtout, de ses précieux carnets de note. Le bonheur dans le crime? C'est compter sans les mauvais tours du destin et la perspicacité du détective Bill Hodges.


Vol avec meurtre, tout juste le temps d'enterrer le butin et trente années en prison: il revient plus enragé que jamais à profiter des carnets et des centaines de dollars enterrés. Mais entre temps la maison est occupé par une famille dont l'un des enfants va dénicher, par hasard, le coffre contenant le butin: lorsque l'adolescent comprend le potentiel de l'argent et des carnets Moleskine, il peut être trop tard pour l'assassin... Vraiment? Ce n'est sans compter sans la détermination de différents individus pour arriver à leurs fins: récupérer la malle, faire tomber le bandit à nouveau, protéger sa famille du besoin suite à un grave accident.

Stephen King (Fin de rondeShining) apporte ici un roman dont plusieurs destins ont des tempéraments à ne pas lâcher le morceau. Les carnets Moleskine ne se contentent pas d'apporter la couleur noire à la trame: des destins dont l'avenir est plutôt morose, un futur noirci par des blessures physiques et morales dont les proches en pâtissent. Ces notes représentent bien sûr la base de l'intrigue.

Les adolescents essayent de suivre leur ligne de vie d'adolescents: les amis, les cours, faire abstraction des disputes quotidiennes entre leurs parents. L'enquêteur à son compte, qui n'arrive pas à couper le cordon d'avec son ancien poste de policier mais qui est tout de même satisfait de sa situation. Le taulard qui tente de mener une double vie: faire croire à son agent de probation que la vie est rentrée dans le droit chemin tout en faisant sa vendetta. Chacun a son mords aux dents, à des degrés différents, mais au final tout le monde cherche une lueur parmi la noirceur et essaye de l'encourager.

mercredi 20 février 2019

« Le douzième chapitre » de Jérôme Loubry

Été 1986, David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuos le drame, ils n’ont jamais parlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe : à l’intérieur,  un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire...


Des vacances d’été de gamins insouciants face à des adultes moroses : jusqu’à ce soir dramatique d’une maison qui brûle et de Julie qui disparaît... 30 ans plus tard, un nouveau regard sur l’été 1986 va montrer que l’enquête a eu tort: la mauvaise personne est derrière les barreaux. Les souvenirs refoulés font surface, quitte à mettre en péril la vie de couple bien installée ou une retraite pèpère. La paix mais à quel prix? Faut-il déterrer la vérité ou accepter la vérité que l’on s’est construite?

Découverte de cet auteur, roman recommandé : et j’ai énormément apprécié cette lecture ! Nous avons le regard des enfants, à douze ans ils ne comprennent pas trop ce qui se passe ni la portée des regards ou paroles mais cernent qu'il y a un enjeu. Le temps fait son œuvre, le passé est retravaillé et accepté plus ou moins tel quel. Et le regard d’adulte se pose sur ce qui s’est passé, avec la maturité qui est passée par là : le jugement sur des enfants de 12 ans, les comportements des adultes. Nous aurions pu faire autrement mais en reprenant les yeux de cet âge-là ce n’est pas forcément le cas.

Vous pouvez compter sur un certain degré de résilience, mais dans une certaine mesure : chacun l’assume à sa façon. Nous acceptons le statut quo jusqu’à ce qu’un coup de pied vienne frapper le confort du groupe: seul, nous pouvons nous « mettre d’accord avec soi même » sur une version à laquelle s’en tenir, mais lorsque plusieurs sensibilités sont impliquées, l’accord est difficilement à l’unanimité est difficile à acquérir.

Le concept de ce roman est captivante: l'enquête s'ouvre grâce à quelques pages d'un roman, envoyées à trois personnes, dans le lot un chapitre diverge et est propre à chacun des trois individus. Ce chapitre va faire toute la différence.

lundi 18 février 2019

"Julie et Julia" de Nora Ephron

Casting: Meryl Streep, Amy Adams, Stanley Tucci, Chris Messina, Linda Edmond, Jane Lynch, Mary Lynn Rajskub, Brian Avers

Sorti au cinéma le 16 Septembre 2009

Julia Child a changé la façon de cuisiner de l'Amérique, en 1948 elle n'est encore qu'une américaine anonyme vivant en France. Le travail de son conjoint a emmené le couple à s'installer à Paris, et Julia se lance alors dans la cuisine française... Cinquante ans plus tard, Julie Powell se sent dans une impasse: à bientôt trente ans, sensation de végéter dans son travail, elle se lance dans le défi de réaliser 524 recettes du livre de Julia Child "Mastering the Art of French Cooking" en 364 jours et Julie créé un blog pour partager son expérience...


En 2007, nous avons eu Ratatouille avec le message que tout le monde peut cuisiner. Nous voici en 2009 avec une confrontation de générations de femmes à cinquante ans d'écart dans l'esprit la cuisine gourmande tous les jours pour tout le monde.

Le couple dont madame ne sait pas trop à quoi servir tandis que son mari travaille à l'Ambassade, un poste qui a l'air tellement palpitant: la découverte des produits frais locaux va donner des idées à Julia. Julie et son mari emménagent au dessus d'une pizzeria, elle travaille dans un box à un poste téléphonique.


A cinquante ans d'écart, ces femmes vont se trouver une passion, un objectif et surtout donner du goût au quotidien. Aller jusqu'au bout du livre de cuisine ou du challenge, les fans sont inattendus et vont encourager: les lecteurs du blog vont envoyer des colis alimentaires et poster des commentaires, la femme à la maison va passer un concours et impressionner son mari et des amies.


Même si les années les séparent, ces deux couples vont trouver un nouveau tremplin à leurs vies. Tout d'abord à titre personnel, elles vont aboutir un challenge personnel. Et ensuite les couples vont découvrir de nouvelles saveurs, se faire entrainer par leur femme.


Certaines recettes sont vraiment bien françaises: boeuf bourguignon, pâté en croute... Même les dialogues ont la touche française, notamment le "bon appétit". Le film met en parallèle les deux vies, l'une avançant dans ses expériences culinaire tout en rédigeant l'encyclopédie, et l'autre découvrant le livre et faisant ses premiers pas avec un guide. Vous comprendrez très vite que le beurre c'est la vie.


Le générique de fin n'oublie pas les personnes originales qui ont inspiré ce film, et rappeler que le livre de cuisine mentionné existe bel et bien. Un film qui rappelle des destins particuliers avec des personnes dont on ne parle pas toujours: qui irait s'intéresser à une américaine qui a écrit un livre de cuisine française dans les années 1960?

C'est aussi l'influence des bloggers: mode, cuisine, lecture... Faire ressortir des personnes auxquelles nous n'aurions pas pensé, tenter un style que l'on connait mais qui semble inabordable.


A voir: un film qui mêle culinaire et humour, pour voir que les émissions culinaires ce n'est pas qu'à la télé

A zapper: si vous préférez cuisiner et manger que regarder, si pour vous américain et gastronomie sont incompatibles

dimanche 17 février 2019

"La mule" de Clint Eastwood

Casting: Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne, Michael Pena, Dianne Wiest, Alison Eastwood, Ignacio Serrichio, Andy Garcia

Sorti au cinéma le 23 Janvier 2019

80ans, Earl Stone est fauché, saule et son entreprise risque d'être saisie. Il accepte un boulot qui, en apparence, ne lui demande que de conduire. Sauf qu'en fait il est passeur de drogue pour un cartel mexicain... Performant, Earl transporte des cargaisons de plus en plus importantes, ce qui pousse le cartel à lui coller un surveillant. En même temps, Colin Bates, agent de la DEA, s'intéresse à cette nouvelle mule...


A la base, à part ses fleurs, il n'y a pas grand chose qui intéresse Earl: ni remise de diplôme ni baptême ni mariage de sa fille ne mérite sa présence, encore moins sa femme. Mais forcé de mettre la clef sous la porte, une rencontre fortuite et le voilà embarqué malgré lui dans le rôle d'une mule, et il prendra vite goût, mine de rien, aux enveloppes fournies pour simplement conduire sans se prendre de PV pour excès de vitesse... De fil en aiguille, Earl est plus ou moins bien vu par le cartel, la DEA et la famille.


Le film s'équilibre entre le cartel, les enquêteurs de drogue et la famille. Certains éléments oubliés reprennent le dessus, des nouveautés s'effacent puis reviennent... Earl ne changera pas grand chose de sa vie: toujours les mêmes vêtements et la même casquette. Mais la voiture, quant à elle, va monter en puissance et en tape-à-l'oeil.


Des trames s'entremêlent avec des rappels à la réalité que l'on écoute plus ou moins de sourde oreille, poursuivre un idéal, se leurrer, pardonner: au final, un film humaniste sans tomber dans une moralisation à outrance. Chacun peut être Earl ou un des autres personnages: s'éloigner de ses proches, tenter de faire amende honorable est un ensemble au fil de rencontres du quotidien.


Et la sortie de la spirale n'est pas dans la douceur: nous ne sommes pas dans le happy end, comme dans la vraie vie nous ne nous en sortons pas toujours facilement. Demander pardon ne signifie pas que tout le monde se tombe dans les bras dans la second avec une petite musique légère et la larme à l'oeil: il faut parfois s'y reprendre à plusieurs reprises, avec des mots différents, et en un sens avoir fait la paix avec soi-même.


A voir: pour un film de cartel sans trop de violence

A zapper: si vous préférez des règlements de compte comme dans Narcos

"Billie" d'Anna Gavalda

Billie, ma Billie, cette princesse à l'enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l'amour dans l'autre.


D'Anna Gavalda, j'ai déjà lu Je voudrais que quelqu'un m'attente quelque part (un assemblage de nouvelles que j'ai adoré !) et L'échapée belle (plutôt pas mal). J'ai emprunté "Billie" à la bibliothèque, pour être honnête, surtout parce que je trouve la couverture hyper mignonne. Même si le résumé laissé largement présager un parcours chaotique, l'ânon montrait, je le pensais, un côté évasion dans sa propre bulle et l'espoir à la fin de l'histoire.

En ce qui concerne la fin de l'histoire je ne sais pas: j'ai lu seulement la moitié du livre, qui compte seulement 220 pages... Quelques bribes d'espoirs jalonnent cette enfance heurtée par le monde des adultes. Une vie peu joyeuse, peu reluisante renforcée par un vocabulaire de charretier: était-ce vraiment nécessaire d'utiliser un jargon des bas-fonds? L'enfance triste, le mal-être: il y a bien plus pour en parler que "à quinze ans je me faisais enfin mettre" et autres "j'en ai rien à foutre de ta gueule"...

Il y a une façon de parler d'une vie difficile: Mémoire d'orphelin d'Alina Marin et Sabine Sautel plonge le lecteur sous la vie d'avant et après dictature de Nicolae Ceausescu, ou encore Simone Veil avec Une vie avec Auschwitz et ses combats politiques face aux hommes machos.

Pour ce roman, je laisse tout de même un point positif pour la couverture qui est très mignonne (mais il faut s'en arrêter là: ne lisez pas ces pages).

"Billie" est le deuxième livre que je n'arrive pas à terminer, avec Au commencement du septième jour de Luc Lang. Quand la plume n'est pas suffisante, malgré une histoire qui a du potentiel, le verdict est radical... Dommage pour Anna Gavalda dont j'ai tout de même apprécié deux livres sur trois: ce style là n'est pas à refaire.

samedi 16 février 2019

"1Q84 livre 2: Juillet - Septembre" d'Haruki Murakami

Le monde 1Q84 a été révélé. Miroir d'un univers à la dérive ou promesse d'un présent recomposé hors des ténèbres, il déploie ses brumes oniriques et ses deux lunes. Autour de lui, Tengo et Aomamé gravitent, voués à leur destin.


Le premier opus s'étalait d'avril à juin et était surtout sur la découverte d'un potentiel monde parallèle, axé autour de la réécriture d'un roman: mais le roman n'est qu'une fiction après tout, pas vrai? Ici, Haruki Murakami laisse clairement penser que les Little People et les deux lunes sont bien dans la réalité: mais quelle réalité en fait? Ce qui se passe dans 1Q84 reste-il dans 1Q84?

Aomamé et Tengo se sont connus à l'âge de 10 ans, et pourraient bien se retrouver dans cette dimension 1Q84: et bien des années plus tard, leur destins sont plus que jamais liés, mais comment et existe-il vraiment une connexion d'une vie sur l'autre? Si cela est avéré, dans quelles mesures Aomamé et Tengo s'influencent-ils? Nous en apprenons plus sur une secte, donc le leader est lié aux Little People.  Autant Aomamé a pu passer de 1984 à 1Q84, autant le voyage inverse serait impossible: pourquoi?

Les souvenirs ressurgissent. La vie à la secte, la punition avec la chèvre morte, l'apparition des Little People, sortir des frontières connues... Et deux questions lancinantes: qui sont mes vrais parents / que sont-ils devenus, et pourquoi les deux lunes? Des pistes et des affirmations jalonnent ce roman et apporte au moins des ébauches de réponses.

Friends from college, saison 2

Casting: Cobie Smulders, Annie Parisse, Jae Suh Park, Keegan-Michael Key, Fred Savage, Nat Faxon

La fête de fiançailles - Les affaires dans la cave - Rester ou sortir - L'enterrement de vie de garçon - Les vieilles habitudes - Chute libre - Les feux d'artifice - Le mariage


C'est une seconde saison qui démarre très fort: il s'est passé un an depuis le dernier épisode de la saison 1. Nous arrivons à un divorce, une relation qui a du mal à trouver ses marques, le couple gay qui prépare son mariage après avoir recollé les morceaux (voir saison 1), des amitiés qui ont été cassées mais peut être en voie de réparation.


Une seconde saison un peu plus mature. Ils se posent plus de questions quant aux relations entre eux, avec soi même: pourquoi le mariage fait peur, pourquoi avons-nous peur de s'engager avec l'autre, maintenant que l'amant est libre pourquoi fuyons-nous alors qu'en tant que maîtresse la relation était bien, dans quelle mesure recoller les morceaux avec son ex-conjoint...


Nous avons des moments de légèreté tout de même, notamment l'enterrement de vie de garçon. Quelques menaces d'explosions de tensions mais globalement l'évènement se passe bien. Et une grossesse inattendue pour clôturer cette seconde saison.

Le groupe de quadragénaires commence à se bonifier tout en gardant quand même un regard assez jeune sur les évènements passés, en court et à venir. Chaque évènement permet d'avancer d'un pas dans une direction et revoir légèrement la trajectoire de vie avec un humour un peu différent.

En cette fin de deuxième saison, la conclusion est mitigée mais plutôt positive: les membres du groupes semblent trouver une place un peu plus mature et être plus à l'aise avec leurs sentiments.


A voir: si vous avez plutôt bien accroché à la saison 1

A zapper: si la saison 1 vous a donné envie de fuir

"Green book : sur les routes du Sud" de Peter Farrelly

Casting: Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini, Sébastien Maniscalco, Dimiter D. Marinov, P.J. Byrne, Don Stark, David An

Sorti au cinéma le 23 Janvier 2019

En 1962, aux Etats-Unis, pendant la ségrégation. Tony Lip, videur italo-américain du Bronx, décroche un poste de chauffeur et protecteur du Dr Don Shirley, pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts dans le Sud des Etats-Unis.


Une frontière dématérialisée à l'intérieur des Etats-Unis: le Nord plutôt tolérant, et le Sud plutôt très raciste. Le "Green Book" permets aux gens de couleurs de voyager de façon la plus sécurisée possible: motels, routes... Don veut partir en tourner dans cette zone.

L'italien est connu pour monter rapidement dans les tours: à la moindre remarque, au moindre regard, ça fini en corps à corps. Tony va en faire les frais en perdant son poste suite à une bagarre dans un cabaret restaurant.

Donc pour faire simple ce film est la rencontre entre un afro-américain musicalement doué, un italo-américain au langage de charretier et les américains plus ou moins bien pensants.


Deux mois de road-trip pour un homme loin de sa famille et l'autre loin du vide de son appartement. Car bien que Don vive dans l'opulence, il est seul. Alors que Tony a sa femme et ses enfants. Qu'est ce qui fait que chacun en est arrivé là où il est? Qu'est ce qu'ils peuvent prendre de leur rencontre et des rencontres de ce voyage?


Nous avons de très belles scènes, aussi touchante, poignantes qu'humoristiques. Le "Kentucky Fried Chicken" en voiture avec les pilons jetés par la fenêtre, écrire une lettre à sa femme devant une boisson servie dans un gobelet en carton, refuser de jouer dans le restaurant qui refuse de servir...


Mahershala Ali et Viggo Mortensen (Aragorn dans Le seigneur des Anneaux) donnent un très beau binôme dans ce film où chaque personnage fera écho à des faille chez l'autre. Les personnages secondaires font un lien lors de conflits: ils sont tout aussi importants, personne n'est vraiment relayé au second plan.


A voir: pour un road-trip musicalement humain sur deux hommes qui discutent en essayant de ne pas se juger

A zapper: si vous préférez jouer d'un instrument de musique ou conduire votre voiture plutôt que de voir ça à l'écran

dimanche 10 février 2019

Friends from college, saison 1

Casting: Cobie Smulders, Annie Parisse, Jae Suh Park, Keegan-Michael Key, Fred Savage, Nat Faxon

Série disponible sur Netflix

Bienvenu à New York - Dans le Connecticut - Nuit blanche - Mission Impossible - Le Party Bus - Le second mariage - Les îles Caïmans - La nuit de toutes les surprises

Vingt ans après la fin des études à la fac, un groupe d'amis se retrouve à l'occasion du mariage de l'un d'entre eux. Le groupe approche la quarantaine: quelle vie mènent-ils, comment les conjoints vont-ils s'intégrer à se groupe d'ados plus ou moins restés ados...


Deux couples ancrés depuis des années font face à l'infidélité du conjoint: madame mariée a rencard avec monsieur marié, sachant que les quatre membres du couples sont amis (ou comment être sur la sélect lors de retrouvailles). Est-ce que ce petit jeu sera découvert par les trompés? Si oui, dans quelle mesure cela provoquera-t-il une crise? Sont-ils tellement amis qu'ils en sont à s'échanger les conjoints (sans le savoir quand même...)?

La nana en couple mais ne veut surtout pas entendre parler d'engagement, et a des problèmes vétérinaires à cause de son lapin. Un écrivain veut retrouver sa place parmi les étagères des libraires mais pour cela il doit se lancer dans un style qui ne lui convient pas. Le couple homosexuel dont l'un est chirurgien et a besoin de se coucher tôt, malgré les frasques amicales (à coup de pizza lancée au plafond) du copain qui ne voit pas où est le problème...


Ces quadragénaires se posent des questions sur leur place par rapport au conjoint officiel, mais aussi par rapport à leur travail, aux envies d'enfants, le conjoint qui n'est pas dans les délires du groupe (de la façon de se saluer aux anecdotes et autres défis de faire le phoque).

Un road trip en bus parmi des vignobles, une soirée brainstorming pour le plan d'un roman, attablés à un dîner de mariage, une soirée au bord d'une piscine: les rencontres dans des cadres variés vont petit à petit confronter ce groupe à une autre réalité et certaines apparences se fissurent.


La transition vers l'âge adulte est plus ou moins faite, du moins dans le sens où nous l'entendons: finit de se saluer avec un rituel (se prendre par les parties intimes par exemple ce qui choque le conjoint chirurgien avec la maison avec piscine dont la décoration est minimaliste), avoir un poste proche du burn-out mais bureau au trente cinquième étage avec vue imprenable sur la ville et des subalternes qui se plient en quatre, le restaurant dont le plat n'est pas à moins de trente euros... Ces deux mondes se confrontent: l'âme d'étudiant face à celui psycho rigide.

Dans quelle mesure faut-il changer? Dire la vérité lorsque l'on est dans la confidence d'une situation que nous désapprouvons? Quand tout accepter au travail et tout envoyer balader? La franchise oui, mais dans quelle mesure peut-on dire les choses sans retenue? La conscience de heurter, voire briser un couple, est là parfois.


A voir: une sorte de Friends version on s'échange les conjoints et on ne vit pas ensemble, pour les pointes d'humour qui sont les mêmes à 20ans qu'à 40ans

A zapper: si vouez préférez la collocation Friends aux amis qui se retrouvent des années plus tard sans vraiment avoir rompu les liens

samedi 9 février 2019

« Agatha Raisin enquête : pour le meilleur et pour le pire (5) » de M.C Beaton

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie... Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.

Le lendemain, Jimmy Raisin est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect numéro un, le couple Agtaha et James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.


Jusque-là, Agatha s’en est bien tirée : son mari, dont elle est sans nouvelles depuis des lustres, est forcément mort et elle laisse planer le doute en ce sens. Sauf que bien sûr il refait surface le jour de son mariage avec James... Imaginez le scandale si Jimmy avait surgit après : bigamie, réparation morale... Mais comment ce SDF de Londres a-t-il pu savoir qu’Agatha allait se marier à Carsely ? Et surtout venir tout apprêté, rasé et coiffé ? Il n’aura pas le temps de répondre à ses questions : il finira au fond d’un fossé la nuit suivante...

Si seulement il y avait qu’un seul meurtre à résoudre : des personnes, sans lien apparent, tombent les uns après les autres. James et Agatha vont devoir se serrer les coudes, non sans se lancer des piques et des regards noirs et relier les individus et villes entre eux.

Un roman plus ambitieux que les précédents : l’auteur se lance dans le démantèlement d’un réseau à très grande échelle, au-delà de Carsely. Les ménaces sont constantes et ni Agatha ni Jimmy ni la police n’a la moindre idée du meurtrier ni des potentielles prochaines victimes. De Londres à Carsely en passant par la France et l’Espagne, cette enquête ratisse large et tient la route.

jeudi 7 février 2019

"Ton dernier mensonge" de Mary Kubica

Le monde de Clara Solberg vole en éclats quand son mari, Nick, décède dans un accident de voiture. Leur fille Maisie, quatre ans, en sort indemne. La cause de l'accident semble claire, mais les terreurs nocturnes de Maisie conduisent Clara à s'interroger sur ce qui s'est vraiment passé en ce tragique après-midi. Rongée par la douleur, obsédée par l'idée que la mort de Nick n'est peut-être pas accidentelle, Clara s'engage dans une quête désespérée pour découvrir la vérité. Qui aurait pu vouloir du mal à Nick? Et surtout, pourquoi?


Mary Kubica semble très attachées aux relations humaines: après Ne pleure pas où les colocataires ne sont pas qui ils prétendent être, voici une famille qui va voler en éclats. Nicki absorbé par son cabinet dentaire en forte perte de vitesse et flanqué d'une plainte avec convocation au tribunal, une deuxième grossesse pour Clara dont le terme est plus que proche, une voisine dont les coups du mari ne font aucun doute, une mère atteinte d'alzeimer avec le mari qui tente de gérer les crises, une aide soignante à domicile: voici le monde standard de toute bourgade, comme chaque lecteur pourrait croiser. Que s'est-il réellement passé sur cette route, alors que Nick ramenait Maisie de son cours de danse? Une voiture a-t-elle entraîné la sortie de route ou non: déni ou meurtre?

L'ambiance de ce roman prête à croire que tout est possible. Une violente altercation avec un voisin, la plainte d'une patiente dentaire... Pourquoi pas même l'aide soignante, très proche du couple et dévouée, toujours tout sourire: autant de motivation pour peu de gratitude en retour.

Les années de faculté remontent à la surface. Un ancien ami qui se montre soudainement très proche de Clara, alors que le mari est tout juste décédé. La voisine un peu trop proche. Des mouvements bancaires bizarres. Un bijou caché dans un tiroir de lingerie. Connaît-on vraiment la personne avec qui l'on vit? Toutes les pistes sont explorées et sont corroborées par des preuves plus ou moins tangibles: tout le monde devient suspect.

mercredi 6 février 2019

"Bowling" de Marie-Castille Mention-Schaar

Casting: Catherine Frot, Mathilde Seigner, Firmine Richard, Laurence Arné, François Bureloup, Mathias Mlekuz, Geneviève Mnich

Sorti au cinéma le 18 Juillet 2012

Carhaix, Bretagne: un petit hôpital avec sa maternité mais peu d'accouchements. Mathilde sage-femme, Firmine puéricultrice, Louise propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, en harmonie, amies. Catherine, DRH, quitte Paris pour restructurer cet hôpital et fermer, à terme, la maternité qui perd de l'argent. Quatre femmes d'âges, personnalités et origines différentes vont pourtant former un quatuor de choc fort en humanité et humour pour défendre cette maternité.


Les 3 B: Belle Blonde Bretonne, Beautiful Black Bretonne. Si on enlève la maternité, comment peut-on frabiquer les carhaisiens? La préparation des repas: transférer la marmite dans les Tupperware tout en parlant. Le départ pour le travail: donc là je mets mon manteau, je prends mon sac à main et c'est parti. Rennes: ce n'est pas en Bretagne. L'allaitement: d'accord vous êtes prof mais ce n'est pas dans un livre que vous trouverez la clef mais avec votre instinct. Des visions de la vie qui va faire face à la parisienne type: vouvoiement, serrer les mains.


Qui a dit que le bowling n'était pas un sport? Calculs de trajectoires, entraînement face à un miroir, préparation pour les compétitions. Sur fond de fermeture de la maternité et manifestations, Catherine va se retrouver entre deux chaises: faire ce pour quoi elle est payée ou s'engager auprès de cette équipe haut en couleurs.

Des couples vont se trouver ou se séparer, des grossesses qui angoissent: il y a aussi la vie privée derrière la vie publique. Les anciens vont tenter d'aller au-delà de leurs préjugés et des quelques heurts oraux pour intégrer la nouvelle venue. Les conjoints mettent les points sur les "i".


Un film très humain, le spectateur se sent intégré: il n'y a pas de situations improbables, se retrouver après le travail ou encore se battre pour son hôpital sont transcrits de façon naturelle.

A voir: made in BZH, avec des crêpes et du cidre, des personnages qui n'oublient pas qui ils sont

A zapper: la Bretagne vous la visitez ou pas mais ce n'est pas en film