Sorties

Edito Juin 2019

Le festival de Cannes est passé, a-t-il défié vos pronostics ? Avez-vous repéré des robes de créateurs (autant en profiter pour faire son shopping sans rien dépenser) ? D’autant plus que les beaux jours sont enfin là : il est temps de sortir les robes ! Ce n’est pas parce qu’il fait beau qu’il faut oublier de lire et de voir films et séries !

mardi 28 mai 2019

« Une mémoire d’éléphant » d’Agatha Christie

Jamais une querelle, pas de liaison... Les Ravenscroft filaient le parfait amour. Si on ajoute à cela une excellente réputation et une situation financière confortable, on en déduit qu’ils étaient de ceux qui meurent dans leur lit et non d’une balle dans la peau. Double suicide, a conclu la police. Mais qu’envisager d’autre?


Cette enquête close resurgît lorsqu’une mère se pose la question suivante : est-ce que mon fils peut épouser une fille dont les aïeux sont morts de mort violente, d’autant plus l’initiative venait-elle de la femme ou de l’homme ? Les névroses féminines sont parties prenantes de cette enquête prise en main par Hercule Poirot. Un challenge élevé car il y a déjà eu enquête, donc conclusions, mais surtout les témoins ne sont plus jeunes et les événements remontent à plusieurs années : quand bien même un événement marquant, le cerveau peut jouer des touts avec le temps.

Certaines personnes ont une mémoire à toute épreuve : une mémoire d’éléphant. Mais déjà sur le vir les individus échangent des hypothèses en fonction des ragots et des convictions : qu’est-ce que la mémoire peut rendre si déjà au début elle a pu être trafiquée ?

lundi 27 mai 2019

« La vie d’une femme a deux visages » d’Anna Chocolat

Quatre femmes indépendantes vous livrent leurs pensées, leurs angoisses et leurs doutes sur la vie amoureuse. Des sujets que vous n’aurez sans doute pas abordés avec vos propres amis, vous pourrez les découvrir ici dans ce roman, pas si fictif que ça.


Quatre femmes de la trentaine à la cinquantaine, avec ou sans enfants, plus ou moins prises par leur travail se retrouvent pour refaire le monde sentimental. Sites de rencontres, salon de l’érotisme, au restaurant : tout ou presque est l’occasion d’aborder l’amour. Comment les femmes parlent-elles de l’intimité : fleur bleue, prude? Surtout qu’attendent-elles d’une relation d’après leurs sensibilités et leurs vécus ? Nous renvoyons une certaine image de soi avec nos vêtements et nos mots mais des questions se posent sur nos attentes : des questions auxquelles certaines ont des idées à partager, presque comm une évidence. Au final, qui est le meilleur interlocuteur ? Car certaines oreilles sont plus à même de faire écho à une quête.

Le lien avec l’autre personne passe par le conjoint qui fait parti du décor depuis des années, celui qui se fait passer pour célibataire sur le site de rencontres, le petit jeune en boîte de nuit... Ces femmes sont celles d’aujourd’hui: elles se posent des questions tout en assumant les sujets. Ce sont là les deux visages : celle que l’on veut bien voir et l’envers du décor.

Un roman léger de femmes qui abordent les sujets sans détours entres elles, mais qui font face au regard des autres: les questions de couples passent par les amies avant le principal intéressé, pour dégrossir le terrain des émotions, prendre le recul afin de mettre au mieux les mots sur ce que l’on voit. Elles disent les choses telles qu’elles viennent, elles sont là les unes pour les autres chacune à sa façon.

samedi 25 mai 2019

"Tous complices" de Nicci French

Bonnie est professeur de musique, alors naturellement, c'est à elle que son amie Danielle s'adresse pour monter l'orchestre qui jouera à son mariage. Qui dit orchestre qui jouera à son mariage. Qui dit orchestre dit musiciens. Parmi ceux que Bonnie recrute, il y a Neal, l'amoureux transi, Sonia, sa meilleure amie, Amos, son ex, mais aussi l'un de ses anciens élèves accompagné de son père, et le ténébreux Hayden avec qui elle entreprend bientôt une liaison passionnelle secrète. Or, la mort violente de Hayden fait soudain voler en éclats leur petit groupe. A moins que ce ne soit l'inverse... Chaque membre de la bande de "copains" n'avait-il pas un excellent motif pour se débarrasser de cet élément perturbateur?


La préparation de son mariage est l'occasion de revoir des amis, voire même de les faire monter sur scène pour mettre l'ambiance musicale. Au final, une fausse bonne idée: cette réunion va entraîner la mort d'un des membres de l'orchestre... Mais est-ce le groupe qui a fait voler en éclat l'harmonie ou le passé qui ressurgit à cette occasion? Ou les deux: le passé et le présent?

Les chapitres alternent "avant" et "après": chaque chapitre du passé donne la réplique à un évènement du présent. Les deux trames avancent et révèlent des cassures, qui semblent s'exacerber à l'occasion de ce mariage. Les failles semblent ne pas pouvoir rester enfouies pour toujours. Le secret du drame va pousser les membres à la question jusqu'où aller pour soi, pour les autres?

L'envers des vies va aussi se révéler aux autres: que pense-t-on réellement de la prof de musique, de la mère, de la femme qui veut retaper elle-même son appartement? Quelle image cherche-t-on à renvoyer aux autres: dans quel degré pouvons-nous tenir cette répartie, pourquoi vouloir donner le change?

vendredi 24 mai 2019

« L’adieu aux armes » d’Ernest Hemingway

Frédéric Henry, jeune américain volontaire dans les ambulances sur me front d’Italie, est blessé et s’éprend de son infirmière Catherine Barkley. Avec Catherine enceinte, il tente de fuir la guerre et de passer en Suisse.


La Première Guerre Mondiale du regard d’un américain sur le sol italien, et une infirmière qui agit dans plusieurs villes italiennes : le lecteur voit surtout le quotidien de Frédéric, dans les tranchées, au mess, au campement ; Catherine va peu à peu prendre autant de place que Frédéric.

Le regard sur un couple non marié, d’autant plus lorsque madame se retrouve enceinte, est l’objet de développements. Catherine joue un rôle : ce n’est pas leur premier enfant, ils sont mariés depuis plusieurs années... Frédéric insiste, sans trop de convictions, sir le fait de se marier avant la naissance du bébé. À l’hôtel, les deux sont raccords : j’attends ma femme, chéri... Même dans l’intimité le lien se renforce : ce n’est pas la relation pansement du blessé et de la salvatrice.
Au-delà de cette relation hors mariage, nous voyons rapidement qui porte la culotte: dans quelle mesure homme et femme se retrouvent-ils ?

La guerre n’est jamais bien loin. Avoir déserté, que sont devenus les camarades, comment se reconstruire lorsque la presse est là sous ses yeux... Peut-on se reconstruire et comment ? Comment accepter la situation ? En cela il y a deux axes : rendre les armes au combat et rendre les armes ppur ses proches.

mardi 21 mai 2019

« J’avais six ans à Hiroshima » de Keiji Nakazawa

Le 6 Août 1945, à 8h15 du matin, l’apparition d’une gigantesque boule de feu à cinq cents mètres d’altitude au-dessus d’Hiroshima marque l’entrée de notre civilisation dans l’ère nucléaire. Les 200 000 morts d’Hiroshima, bientôt suivis des 140 000 morts de Nagasaki, le 9 Août, symbolisent, bien malgré eux, cette barbarie rendue possible, hélas, par la science.

Cinquante ans après la tragédie, le témoignage de Keiji Nakazawa est hallucinant de vérité. Il nous fait littéralement voir, à travers ses yeux d’enfant, puis sa mémoire d’adulte, l’horreur qu’a vécue cette ville.


Une vie d’enfant déjà marquée par la famine, les alertes à la bombe à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Jusqu’au largage inopiné de la bombe A, ce jour où tout le monde allait vaquer à ses occupations quotidiennes. Les enfants pensaient aux amis qu’ils allaient retrouver, le mari avec son attaché case en costard cravate allait au bureau. Le temps que les secours s’organisent, des centaines de victimes ont été livrées à elles-mêmes.

Photos historiques, estimation du nombre de personnes irradiées, nombre de têtes nucléaires par pays: le témoignage est renforcé par ces données terre à terre, qui donnent encore plus l’ampleur du vécu. Et nous sommes loin du message de paix que Keiji Nakazawa espère.

Nous avons le regard de l’enfant, de l’adulte et de l’Histoire: les perspectives de cet événement pas si loin de nous dans le temps permet de comprendre les enjeux qui vont de la survie à ma reconstruction psychologique, l’acceptation dans quelle mesure.

lundi 20 mai 2019

Meurtres au paradis, saison 8

Casting: Elizabeth Bourgine, Don Warrington, Tobi Bakare, Joséphine Joubert, Ardal O'Hanlon, Shyko Amos

L'Honoré Express - Meurtre au zoo - Destination de rêve - Du grain à moudre - Le rouge de l'océan (1/2 et 2/2)


Les vacances commencent sur les chapeaux de roues: homme tué dans le bus qui emmène un très petit groupe (trois personnes) à leur hôtel. Le propriétaire d'un zoo a été assassiné à l'aide d'une fléchette empoisonnée. Une équipe de tournage pour vanter Sainte Marie, la présentatrice vedette retrouvée morte sur une plage. La prison, un casse dans un casino, un couple à trois: déjà deux épisodes qui engagent des casse-têtes.


Les enquêtes se réalisent toujours sur fond de relations personnelles: la nièce du commandant est sur le point d'être intégrée à l'équipe, l'inspecteur anime un bingo, l'inspecteur Dwayne ne fait plus parti de l'équipe, Florence tente une vie de couple...


Le trafic d'animaux, le lien d'une paroisse avec des prisonniers: les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison plonge les enquêteurs et les spectateurs dans des mascarades qui mettent en avant des sujets sérieux. Meurtres au Paradis reste fidèle à la ligne de conduite des saisons précédentes, tout en renouvelant l'équipe (avec la même alchimie), gardant le même cadre (un peu moins de lézard jusque là) mais les enquêtes touchent des nouveaux sujets.


Les premiers pas de Ruby donnent de la fraîcheur à cette huitième saison. Moony se lance dans la nage en mer avec une combinaison, il tente la chemise rouge pompier, et tente de s'occuper d'un autre animal que l'indépendant lézard vert: quelques tentatives d'évolutions qui donnent une autre prestance.

Pour résoudre les enquêtes, la même recette connue des séries précédentes : manger un oeuf dur destiné à son animal, une accolade, le coup de feu d'un événement sportif...

"Brunswick Gardens" d'Anne Perry

En cette année 1891, à Londres, chez le très respecté pasteur Parmenter, éminent théologien promis à de hautes fonctions, l'atmosphère est lourde et la situation "fâcheuse". Un meurtre vient d'être commis et la victime n'est autre que la belle assistante du pasteur, Unity Bellwood, une femme libre, féministe et grande militante des théories de Darwin. Les suspects ne manquent pas, car les idées modernes de la jeune femme lui avaient valu de nombreuses inimitiés dans la maison. Chargé de cette épineuse affaire, le commissaire Thomas Pitt, aidé de sa femme, la clairvoyante Charlotte, devra plus que jamais faire preuve de tact et d'habileté. Sur fond de pressions politiques et de querelles religieuses, c'est un véritable parcours d'obstacles qui attend les Pitt, d'autant plus qu'un des occupants de la maison est une personne qu'ils connaissent tous deux fort bien.


Un roman autour de débats de religions, de la place de la femme: le droit de vote, ne pas pouvoir accéder à des sujets sérieux car domination des sentiments, le mariage, le blasphème... Anne Perry ne se contente pas de mener une enquête: les membres se déchirent dans des sujets d'actualités, férocement, chacun campe sur ses positions. Ce qui rend l'enquête ardue: tout le monde aurait pu en vouloir à la victime.

1891 est l'année sous jacente qui annonce les Suffragettes de 1903 (droit de vote des femmes en Angleterre en 1928): l'émancipation est proche, mais ce bouillonnement féministe est encore loin, à une décennie, de faire l'unanimité. Le droit de corps est important: Unity la victime n'était pas mariée et pourtant enceinte de trois mois, plusieurs femmes tentent d'affirmer leurs opinions pour rapidement se rallier aux points de vue des hommes, les hommes n'hésitent pas à rappeler ouvertement la place de ces dames et la moindre remarque est très mal vue.

Le fond et l'enquête rendent ce roman très riche: avec le regard de 2019, nous nous plongeons dans le début des droits de la femme face à des hommes qui sont plus ou moins ouverts aux arguments, les suspects ne manquent pas et c'est en creusant les positions et fréquentations de Unity que les clefs se trouvent. Même les milieux huppés ne sont pas à l'abris de brebis en soif d'émancipation et de s'attirer les foudres de simples mortels.

dimanche 19 mai 2019

"Dumbo" de Tim Burton

Casting: Eva Green, Colin Farell, Michal Keaton, Danny DeVito, Nico Parker, Alan Arkin, Finley Hobbins, Roshan Seth

Sortie le 27 Mars 2019

Milly et Joe passent leur enfance dans le cirque où leur père Holt était artiste avant d'être mobilisé pour la guerre. Jusqu'au jour où leur père revient et le cirque fait face à l'arrivée d'un éléphanteau aux oreilles démesurées qui font la risée du public... Mais la révélation des talents de l'éléphanteau va renverser la tendance: l'espoir d'une nouvelle fréquentation, mais l'envers de cet espoir va vite apparaître...


Le responsable du cirque ne ménage pas bien les sensibilités de Holt, et les enfants ne vont pas y aller de main morte également: l'annonce de but en blanc que les chevaux ont été vendus et qu'il va devenir responsable des éléphants. Holt n'y va pas à la légère non plus en annonçant que ramasser les crottes d'éléphants n'est pas sa vocation. Bref, le début de cohabitation entre pachyderme et humain s'annonce déjà sur de mauvaises bases.


Jusqu'à ce moment où Milly et Joe découvrent par hasard la capacité hors normes de l'éléphanteau: la stimulation d'une plume permet au pachyderme de voler. Mais un incident lors d'une représentation va pousser le cirque à se séparer de la mère... Séparation déchirante entre mère et enfant, Milly et Joe supplient, les adultes affirment que c'est la meilleure solution: le cirque étant plus que limite financièrement, ils ne peuvent garder un animal violent...

L'approche de Vandevere face à cet éléphanteau est l'occasion pour Max Medici de renflouer son cirque, de redorer la fréquentation: la création d'un nouveau numéro, dans un parc d'attraction de plus grande ampleur. Mais cette transaction va sérieusement renverser la vapeur: Vandevere refuse de garder l'équipe du cirque de Medici, la mère Djambo est un obstacle à la concentration de Dumbo...


Un film qui souligne les émotions des animaux et le côté bête de foire. Mère et éléphanteau pleurent quand l'un des deux est malmené, à la séparation. Des oreilles disproportionnées: cet animal ne peut pas être un éléphant. Dumbo va sur scène: on le maquille comme un clown. Annoncer que le fait de voler va permettre de le rapprocher de sa mère: nous avons l'impression que Dumbo comprend l'enjeu et met sa confiance chez les humains.

La considération des humains va changer au fil du film: le traitement animal juste pour les uns et injuste pour les autres va entraîner des confrontations verbales. Nous ne sommes pas dans le côté moralisateur avec des actions de boycott pendant les spectacles ou des articles de presse "un éléphant agressif: où est la place des animaux dans le spectacle?".


La considération animale évolue sur fond de poings liés face à son affaire familiale, où tout le monde vit en harmonie, à ne pas vouloir se séparer de son cirque et de ses artistes. Quitte à mettre le prix pour s'en sortir: surenchérir son animal particulier. Il y a l'envie de s'en sortir, mais jusqu'à quelle limite?


Une résolution d'image exceptionnelle: les animaux sont d'un réalisme à couper le souffle. L'histoire est très porteuse, au-delà du conte que nous connaissons, sans tomber dans les clichés de la protection animale: un film qui fait réfléchir. Une musique dans le ton juste à valoriser les scènes.

Tim Burton s'éloigne de ses délires en gardant l'esprit très proche du film de Disney, sans tomber dans l'excentricité d'une chocolaterie énorme ou d'un chien qui revient à la vie.


A voir: parce que c'est Dumbo et c'est mythique, le réalisme animalier, l'engagement sans le surplus moralisateur des cirques avec animaux

A zapper: si vous ne voulez pas voir d'animaux au cinéma mais en milieu naturel

jeudi 16 mai 2019

"A l'hôtel Bertram" d'Agatha Christie

Ah, les muffins de l'hôtel Bertram... Ils n'ont pas leur pareil. Non plus que le thé, le personnel stylé et les clients, ladies respectables, ecclésiastiques et officiers en retraite qui viennent y retrouver l'atmosphère d'antan... Vraiment, l'hôtel Bertram est plus victorien que nature, et Miss Marple se réjouit d'y passer une semaine. Et pourtant, quelques détails la troublent: cette jeune fille Elvira énamourachée d'un pilote de course peu recommandable, sa mère, le chanoine Pennyfather qui disparaît... Il est étourdi, mais tout de même...


Un hôtel qui a son cachet, ses clients hauts en couleurs et ses drames: l'étourdi Pennyfather devait se rendre à  un colloque et qui se retrouve amnésique dans une bourgade perdue... Les tribulations familiales sur fond de disparition: et si tout était lié? Ou pas. Nous ne savons jamais vraiment s'il y a deux cas distincts, un concours de circonstances pour résoudre plusieurs cas en même temps.

Les membres de l'hôtel ont-ils quelque chose à cacher? Parmi les clients, qui a entendu quoi et vu quoi? Le client sourd de la feuille a-t-il quelque chose à cacher? L'étourdi est-il si étourdi que cela? Pourquoi la fille s'inquiète-elle de son héritage et comme par hasard manque de peu de se faire tirer dessus en pleine rue?

Manifest, saison 1

Casting: Melissa Roxburgh, Josh Dallas, Athena Karkanis, Parveen Kaur, J. R. Ramirez, Luna Blaise, Jack Messina

Vol retour - Une musique dans la tête - Affronter la vérité - L'ange des eaux - Tout est relié - La fièvre bulgare - En un battement de coeur - Châtiment divin - Les sanglots longs de l'automne - La quête du Graal - Un pilote dans l'avion - La disparition de Cal - Faire une croix - L'église des revenants - Le grand méchant loup - Date de départ

Le vol Montego 828 à destination de New York disparaît des radars sans laisser de traces, avant de réapparaître cinq ans plus tard sans aucune explication. Pour les 191 passagers à bord, le temps ne s’est pas écoulé. Que s’est-il réellement passé ?


Une famille attend en salle d’embarquement, mais l’avion est en surbooking : ils acceptent de se séparer et ainsi de prendre deux vols différents. Une violente turbulence n’empêchera pas l’avion d’arriver au bon aéroport : la tour de contrôle est déroutée en entendant les identifiants, aucun passager n’a de réseau mobile... Et pour cause: la turbulence a retardé le vol de cinq ans, sauf que personne n’a pas une ride à bord, ils ont tous l’impression d’avoir eu le vol standard de trois heures et quelques avec cacahuètes et boissons.


Une enquête est bien sûr ouverte, des analyses médicales sont faites avant de relâcher tout individu. Sans nouvelles, sans carcasse, sans corps, les proches ont continué à vivre : le fiancé a refait sa vie avec la meilleure amie de la fiancée disparue, une mère est décédée, un poste a été cédé, la soeur a grandi et est désormais au lycée... Mais rapidement des effets secondaires vont rapidement apparaître, chacun y étant plus ou moins sensible : des voix qui résonnent dans la tête, des visions...


Dès les cinq premiers minutes du premier épisode nous avons le phénomène inexpliqué et les passagers dans l’incompréhension et aucune réelle piste tangible sur ce qui aurait pu arriver: le spectateur n'en sait pas plus que les passagers, mais les questions viennent en même temps qu'ils cherchent des pistes.


Pourquoi une mélodie se plante dans la tête de certains individus alors que d’autres entendent des voix? Cela pourrait faire penser à The X-Files avec une turbulence provoquée par un satellite espion, ou Lost avec l’île en moins juste le côté survivants liés par une expérience hors du commun.


Les épisodes qui suivent révèlent de effets secondaires de cette expériences: hallucinations visuelles et auditives, télépathie, nouveaux marqueurs sanguins... Certains passagers sont plus sensibles que d'autres, notamment Cal.


Mais aussi des mystères plus terre à terre: cinq camions partent du centre médical de l'aéroport, mais seulement quatre vont arriver à destination officielle, un passager clandestin... Sauf qu'un randonneur a aussi vécu un saut temporel, au même moment que les passagers du vol, alors qu'il était dans une grotte en pleine forêt à des centaines de kilomètres de l'avion: comme une réplique sismique, version orage.


Les survivants font face aux familles qui sont allées de l'avant: l'enfant est devenue adolescente, l'assurance vie a été touchée, un parent décédé, le frère jumeau qui n'a pas vieilli, la collègue qui résout des enquêtes grâce à un nouvel instinct pas très rationnel... Comment attirer l'attention sur une ferme suspecte, trouvée grâce à son nouveau sens? Comment expliquer les nouveaux résultats médicaux sur un patient qui n'a pas vieilli?

dimanche 12 mai 2019

"L'art du sushi" de Franckie Alarcon

Connaissez-vous vraiment les sushis? Quel savoir-faire et quelles histoires se cachent derrière la confection d'un bon sushi? L'auteur a voyagé au Japon pour rencontrer tous les acteurs oeuvrant à la fabrication de ce mets d'exception qui a conquis le monde. Du chef étoilé au jeune cuisinier qui bouscule les codes, du producteur de sauce soja aux pêcheurs, l'auteur cherche à percer le secret du sushi avec ceux qui le maîtrisent le mieux dans son pays d'origine. Mais aussi en France, où Yannick Alléno lui a ouvert les portes de son comptoir à sushis parisien.

A travers la rencontre d'une multitude de professionnels passionnés, cet album, agrémenté de quelques recettes, raconte la plus emblématique et raffinée des spécialités gastronomiques japonaises.


Le sushi: du riz et du poisson cru, avec une touche de wasabi. Et pourtant chaque préparation du poisson va donner un goût: anguille, thon, poulpe, marinade d'une durée variable, le dosage de la sauce vinaigrée pour le riz... Sans oublier l'ordre de dégustation des sushis: commencer par le poisson le plus doux pour finir au plus fort, autrement vous n'apprécierez pas les nuances.

Comment préparer le poisson? Vivant jusque sur l'étale de la cuisine, le poisson a une découpe d'un coup de main particulier: l'ikejime. La boule de riz se met en place avec aussi son propre coup de doigts. Attention à ne pas garder le poisson trop longtemps au contact de la peau: la chaleur modifie la chair. Et qu'est-ce que le wasabi, comment est-il cultivé? Le passage dans une exploitation au Japon et en France illustre la préparation de ce produit fort en bouche et qui a des bénéfices lorsqu'il est mélangé au sushi.

Le sushi est associé au saké: alcool de riz emblématique du Japon au même titre que sushi et maki, nous visitons une usine de saké. Le type de riz, la préparation des grains, les nettoyages: tout est expliqué. De plus, pour bien préparer le sushi, il faut bien couper le poisson: la coutellerie est partie prenante du processus de cuisine.

Les dessins jouent sur le noir et blanc ainsi que les couleurs: autant le riz a une couleur unie, mais pour apprécier chaque poisson, la couleur apporte une vraie touche visuelle. Anguille, thon, hirame, ormeaux: rien que par la vue, le lecteur apprécie le produit car il est mis en valeur avant même de lire le nom.

Pour finir, quelques recettes à réaliser chez soi: une histoire culinaire qui se clôture par une invitation à franchir le pas ! Et aussi un message concernant la surpêche et l'élevage des poissons (antibiotiques etc.).

mercredi 8 mai 2019

"Pokémon Détective Pikachu" de Rob Letterman

Casting: Justice Smith, Kathryn Newton, Bill Nighy, Ken Wanatabe, Chris Geere, Suki Waterhouse, Rita Ora, Ryan Reynolds

Sortie en salles le 8 Mai 2019

Après la disparition d'Harry Goodman, détective privé, son fils Tim se retrouve avec le pokémon de feu son père: Pikachu. Pris de doute, ils vont mener l'enquête pour tenter de découvrir de qui s'est réellement passé ce jour-là. Dans les rues de Ryme, métropole moderne où pokémon et humains vivent égaux, ils se lancent à la recherche d'indices et déterrent un complot.


Deux amis en balade, tentent d'attraper un pokémon, parlent de leurs vies (déjà une promotion dans le milieu des assurances pour Tim alors que l'autre déménage). Et ce fameux appel qui change une vie: la police de Ryme, le paternel n'est pas ressorti d'un accident de la route.


Vous en avez par-dessus la tête des pokémon, avec ces réunions certains jours à certaines heures pour faire tomber une arène? Rassurez-vous (ou pas): vous aurez l'arène de combat, qui, pour les besoins du film, n'est pas tout à fait réglé en matière de règles de combat. Si vous êtes à côté du phénomène, que vous en avez marre de votre conjoint et / ou enfant sur l'application à envoyer des pokéball sur un écran, vous risquer de virer violet comme le pokémon au dessus: sauf que lui a juste inhalé le mauvais produit créée par un méchant businessman.


Nous avons un pikachu accroc à la caféine, qui ne se souvient plus du mode d'emploi de ses pouvoirs. Un produit volatile vert qui rend les pokémon agressifs. Et un gamin qui essaye de comprendre ce qui se passe autour de lui. Accessoirement ce monde qui est un lieu où les pokémon se baladent comme n'importe qui: nous connaissons les pigeons, chiens, chevaux, ici vous avez les humains et les pokémon.


Et bien sûr une nana qui va mettre son grain de sel. Stagiaire en mal de reconnaissance pour une grande chaîne télévisée, elle va voir l'arrivée de Tim comme le coup de chance de mettre une affaire sous le feu des projecteurs et donc de se faire remarquer.


Alors, fans de pokémon ou pas, tergiversons un peu sur l'utilité ou non de voir ce film. Le titre mélange enquête (panache de Sherlock Holmes entres autres) et des personnages d'un jeu. Cela peut être le film à ne pas faire si l'on est puriste de jeu pokémon ou le film de trop à se hérisser le poil si déjà nous en avons marre de voir les gens penchés sur un téléphone.

// Les personnages virtuels et réels se mêlent très bien. Les acteurs, qui lors du tournage parlaient forcément à des ballons, regardent bien là où la tête du personnage, créée sur ordinateur, apparaît. Les regards se posent à bonne hauteur, que l'humain soit debout ou assis, et inversement.

// La trame donne les doutes et les certitudes là où il faut, quand il faut et au final le dénouement donne un point d'orgue.

// Les pokémon sont très bien humanisés. Même s'ils restent dans leur langage (pika pika et autre psykokwak psykokwak) leurs émotions montrent bien leur état d'esprit. Ils ne comprennent pas les mots humains mais captent les émotions ce qui permet de trouver un terrain d'entente pour les actions à mener, se coordonner.


Au casting, nous avons Ken Wanatabe dans le rôle du policier (vu dans Mémoires d'une geisha et Inception), Ryan Reynolds dans le doublage de Pikachu (rôle titre de Deadpool). Autrement, il s'agit d'un casting inconnu: un vent de fraicheur avec des petits nouveaux venus, non issu d'une saga cinématographique au succès fulgurant en quête de reconversion.


A voir: même si vous n'avez pas le jeu sur votre téléphone et que vous trouvez les pokémon mignons, si vous trouvez ça parfaitement normal (sans avoir pris de drogue quelconque) que des pokémon se baladent en ville

A zapper: si vraiment vous trouvez toute cette ambiance risible à souhait et vous n'irez pas voir ce film même si vos proches vous lancent des supplications à n'en plus finir

"Luca (20)" de Franck Thilliez

Partout, il y a la terreur. Celle d'une jeune femme dans une chambre d'hôtel sordide, ventre loué à prix d'or pour couple en mal d'enfant, et qui s'évapore comme elle était arrivée. Partout il y a la terreur. Celle d'un corps mutilé qui gît au fond d'une fosse creusée dans la forêt. Partout il y a la terreur. Celle d'un homme qui connaît le jour et l'heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire. S'engage alors, pour l'équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre. C'était écrit: l'enfer ne fait que commencer.


Nous sommes habitués à lire le prénom Lucas et non Luca: pourquoi pas revisiter ce prénom classique. Mais ce serait prendre un chemin trop court, un raccourcit trop facile. La couverture tend à montrer une image qui pourrait se rapprocher d'une image d'échographie: avant de nommer son bébé, il y a la conception et neuf mois de gestation. Mais la gestation n'est pas toujours un parcours simple, certains chemins sont semés d'embuches.

Ce Luca en est la clef. Mais avant de comprendre Luca, il faut arriver au terme d'une enquête qui va rallier plusieurs dossiers antérieurs: nous remontons jusqu'à 2010. Un drame familial, PMA / GPA, changer l'ADN de l'humain pour prolonger son espérance de vie et contrer certaines maladies: Franck Thilliez mêle ces sujets d'actualité avec des individus, certes fictifs, qui arrivent, dans une certaine mesure, à accomplir ce qui restaient du domaine de la théorie scientifique.
Sur fond de quête scientifique et de procréation, il y a des prédictions: crue, choléra... Impossible à prédire de façon précise car ces phénomènes apparaissent de façon aléatoire, sans intervalle fixe: comment réussir ce tour de force?

Sharko et son équipe font face à deux axes: dans quelle mesure prendre en considération la génétique et de l'autre les prédictions d'aléas climatiques (qui de surcroît s'enchaînent avec de plus en plus de violence et de plus en plus fréquemment). Si nous avons une certaine durée de vie allouée, pourquoi prolonger ce délai? Dans quelles mesures les manipulations génétiques doivent elles avoir un cadre?

dimanche 5 mai 2019

"La chambre des morts" d'Alfred Lot

Casting: Mélanie Laurent, Eric Caravaca, Gilles Lellouche, Jonathan Zaccai, Laurence Côte, Céline Sallette, Jean-François Stévenin, Nathalie Richard

Sortie au cinéma le 14 Novembre 2007

Interdit aux moins de 12 ans

En pleine nuit, au milieu d'un champs d'éoliennes, deux informaticiens au chômage renversent un homme surgit de nul part. A ses côtés, un sac rempli de billets: deux millions d'euros. Aucun témoin. Que faire: appeler la police ou profiter de l'occasion? Le lendemain, dans un entrepôt à quelques mètres des lieux de l'accident, la police retrouve le corps de Mélodie, une fillette aveugle: et si l'argent était destiné à a payer sa rançon, l'assassin a-t-il vu les chauffards? Le soir même, une autre fillette est kidnappée, diabétique cette fois. A l'hôtel de police de Dunkerque, le compte à rebours est lancé. Aux côtés du lieutenant Moreno, Lucie jeune brigadier de 26 ans participe à sa première enquête.


Basé sur le roman de Franck Thilliez, publié en septembre 2005, nous passons ainsi de l'écriture aux images comme de nombreux ouvrages dont la liste est longue. Et comme toute adaptation, il faut s'attendre à quelques libertés et à ce que les personnages ne soient pas exactement comme nous nous l'imaginions. Et la surprise est plutôt très bonne: de nouvelles pistes sont explorées, tout en gardant des axes du roman.


Une ambiance glauque et violente: des singes sujets à des manipulations, un dilemme sur un secret lourd d'autant plus au regard des conséquences, des chiens aux noms grecques qui pourraient être prémonitoires, des fillettes mises en scène comme une poupée datant de quelques années plus tôt... L'enquête tente de faire le lien entre l'embaumement des singes et des fillettes, le corps du parking.

L'analyse de la posture de la première fillette oriente fortement l'enquête: le temps que le sourire se fige après la mort, la mise en place de l'embaumement. Lorsque la deuxième fillette est enlevée, l'équipe essaye d'accélérer la cadence, un seul point commun au départ: un handicap. Est-ce que cela signifie quelque chose ou est-ce juste un élément parmi tant d'autres?


Les premiers pas d'une enquêtrice profileuse qui n'est pas tombé sur le cas le plus simple: Lucie aurait pu choisir un braquage. Elle mettra le doigt sur de bons éléments pour faire avancer le dénouement, mais ses nerfs seront mis à rude épreuve. En tant que mère célibataire de jumelles, les parents sont mis à contribution pour assurer la garde des enfants tout en s'inquiétant pour leur propre fille.

Le fond social n'est pas oublié: le chômage, dans une région touchée de plein fouet par la fin de la production de charbon. Que faire lorsque deux chômeur font face à un sac de deux millions d'euros, certes après la mort accidentelle du propriétaire et en sachant qu'une fillette est retrouvée morte dans la zone le lendemain matin?


Les dialogues n'en font pas des tonnes: les personnages vont à l'essentiel, sans trop se disperser. Le film joue beaucoup sur l'ambiance des décors et la musique rajoute juste ce qu'il faut pour se faire dresser les poils des bras ou se calmer un peu.

Les bonus du DVD apporte un plus au film, surtout la rencontre entre l'équipe et l'écrivain Franck Thilliez: le regard du réalisateur par rapport à la trame du roman, l'envers de quelques scènes (le feu etc.), la préparation...


A voir: que vous ayez lu le roman ou non vous avez ici un drame policier sans demi mesure

A zapper: si vous préférez les films romantiques

vendredi 3 mai 2019

"L'amie prodigieuse: l'enfant perdue (4)" d'Elena Ferrante

"Comme toujours, Lila s'attribuait le devoir de me planter une aiguille dans le coeur, non pour qu'il s'arrête mais pour qu'il batte plus fort". Elena, devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec son amant entre Milan, Florence et Naples. Parce qu'elle s'est éloignée du quartier populaire où elle a grandi, Elena redoute les retrouvailles avec son amie d'enfance. Mais depuis quelques temps, Lila insiste pour la voir et lui parler...


Les considérations se font plus sociales et politiques. Les descentes des carabiniers se soldent par des arrestations, des blessés. Les couples se défont: qui aura le courage de divorcer, alors que l'amant lui continuera de mener sa double vie car madame est enceinte et suicidaire. Les commandes d'écrits se font plus pressants, mais face aux passages à vide et les enfants en bas âges, peu à peu nous revenons vers la vie de quartier avec ses querelles.

La maladie, la disparition d'un enfant, papa plus absent que présent, les oncles et tantes qui y vont de leurs commentaires sur l'éducation des enfants des autres, les enfants ingrats... Personne n'est épargné par les joutes verbales et les attentes plus ouvertement exprimées. Accepter de faire des erreurs c'est accepter de rejeter les conseils et se casser la figure par soi-même: nous écoutons difficilement les autres, persuadés toujours de mieux connaître la situation.

Les manipulateurs sont assez présents : je t’aime mais je ne peux pas m’empêcher d’aller voir ailleurs, si untelle est malade c’est à cause de ton attitude... C’est aussi la société évolue mais les attentes restent les mêmes: ne pas être proche de telle famille car les tensions sont depuis des générations.

Même si les enjeux politiques sont très frappants, les vies personnelles se disloquent avec autant de violence. Au final, qui est mieux placé pour faire la morale: l'érudite ou l'autre? Et si pour s'en sortir il faut un équilibre entre savoir et débrouillardise? Au final, Elena Ferrante applique: ne pas oublier d'où nous venons et maintenir l'objectif de là où nous voulons aller.